
Le ministre délégué chargé des Ressources animales et halieutiques, Dr Amadou Dicko, a officiellement lancé, le jeudi 27 août 2026 à Bobo-Dioulasso, l’opération de soutien aux provendiers à travers la mise à disposition de céréales à prix subventionné. Cette initiative vise à réduire le coût des matières premières destinées à la fabrication des aliments pour bétail et volaille et, par conséquent, à rendre les produits d’élevage plus accessibles aux consommateurs.
Pour cette première phase, l’État entend mettre à la disposition des provendiers quelques 15 000 tonnes de céréales, avec la perspective d’atteindre 30 000 tonnes d’ici à la fin de l’année. Le maïs, le niébé, le sorgho et le mil figurent parmi les céréales mobilisées dans le cadre de cette opération.
Selon le ministre délégué Dr Amadou Dicko, cette mesure s’inscrit dans la mise en œuvre de l’Offensive agro-pastorale, hydraulique et halieutique 2026-2028, qui vient consolider les acquis de la première phase conduite de 2023 à 2025. « Le facteur limitant en matière d’élevage est vraiment le facteur alimentaire », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de réduire le coût des aliments destinés aux différentes espèces animales.
Une subvention de près de 50 %
La mesure devrait permettre aux fabricants d’aliments pour animaux d’accéder aux matières premières à un coût largement inférieur à celui pratiqué sur le marché. À titre d’exemple, la tonne de maïs subventionnée est cédée à 100 000 FCFA, alors que son prix sur le marché peut se situer entre 140 000 et 170 000 FCFA. Cette différence, représentant une subvention pouvant atteindre près de 50 %, devrait contribuer à alléger les charges des provendiers et des éleveurs.
Pour le représentant des provendiers, Razack Wilfried Ouédraogo, cette opération constitue un « coup de soulagement » pour les acteurs du secteur. Il a expliqué que les provendiers avaient saisi le ministère de l’Agriculture face à la hausse du prix du maïs. Ils se sont ensuite organisés en coopérative et en association avant d’être orientés vers la Société nationale de gestion des stocks de sécurité alimentaire (SONAGESS), qui leur a présenté les stocks dégagés par l’État.
Le Directeur général de la SONAGESS, Alfred Kola, a précisé que les céréales proviennent notamment de l’opération de collecte hors champ réalisée auprès des producteurs. Cette démarche a permis à la structure de mobiliser d’importants stocks tout en garantissant un prix rémunérateur aux producteurs.
Des céréales exclusivement destinées à l’alimentation animale
Les autorités ont toutefois insisté sur la destination exclusive de ces stocks. Les céréales subventionnées doivent servir uniquement à la fabrication d’aliments pour le bétail et la volaille. Le DG de la SONAGESS a appelé les provendiers à faire preuve de responsabilité et a prévenu contre toute tentative de détournement de ces produits vers la consommation humaine ou la spéculation.
Cette opération intervient alors que le gouvernement cherche à renforcer la production endogène d’aliments pour animaux. Le ministre a annoncé la mise en place progressive d’une centaine de sites fourragers, dont une cinquantaine sont déjà en cours d’installation, afin d’améliorer l’alimentation des ruminants en saison humide comme en saison sèche.
À travers ces différentes actions, le gouvernement entend réduire durablement les coûts de production, soutenir les éleveurs et favoriser la disponibilité de produits animaux à des prix accessibles aux populations.
Aymeric KANI