Le Conseil régional des Hauts-Bassins au SITHO : “Nous sommes venus à ce salon avec une innovation : les circuits touristiques” Mariam Ouédraogo

Invitée d’honneur à cette 16è édition du Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou, la région des Hauts-Bassins a marqué sa présence avec une forte délégation. Dans cette délégation est conduite par Mariam Ouedraogo, directrice des matières transférées. Nous avons échangé avec elle, sur la présence de son institution au SITHO, et son apport dans la promotion et valorisation du tourisme et de la culture dans la région des Hauts-Bassins.

 

 

Quels sont les principaux objectifs que la région poursuit à travers la participation à ce salon ?

Notre principal objectif est de présenter la région des Hauts-Bassins sur le plan touristique et culturel.  Notamment de présenter les potentialités touristiques et culturelles de la localité afin d’impacter ces secteurs positivement et de permettre aux acteurs de vivre de leurs activités.

 

En quoi le tourisme est-il un levier important pour le développement socio-économique de votre région ?

Le tourisme est un levier très important parce que c’est toute une chaîne. Nous avons plusieurs filières.  Nous avons entre autres, l’hôtellerie, les agences de voyage et les loisirs. C’est un secteur qui prépare ces diverses activités. Je prends un exemple récent. Un touriste en venant dans la région des Hauts-Bassins va d’abord se déplacer. Le secteur du transport va bénéficier. Arrivé, il sera hébergé, d’où l’hôtellerie. Il va se restaurer, d’où la restauration. Et encore, quand il va visiter les sites culturels de la localité, les riverains, les acteurs de tourisme, les guides qui sont sur le terrain, tous seront mis à profit. C’est toute la chaîne qui va bénéficier de cette activité.

 

Dites-nous, quels sont les atouts touristiques et culturels de la région des Hauts-Bassins qui la distingue des autres régions ?

C’est une région culturellement très vivante avec la SNC que vous connaissez. Nous avons beaucoup d’autres sites. Nous avons la mare aux hippopotames de Bala, qui est même reconnue par l’UNESCO, les hauts fourneaux de Békuy, pareil. Nous avons d’autres sites touristiques comme le village de Koumi, le monument du cinquantenaire à visiter, la mosquée de Dioulassoba et le musée communal, qui relate un peu l’histoire de la ville. C’est une région qui est très riche au point de vue touristique et aussi très vivante. Quand on parle de vivant, on parle des balafons, des masques.  En ce sens on a un circuit, que nous proposons aux touristes. Nous sommes venus à ce salon avec une innovation, c’est-à-dire trois circuits que nous avons dénommés les routes. Nous avons les routes, les masques. Ça veut dire que c’est un circuit qui nous permet de connaître quels sont les points où il y a des masques et quels sont les festivals qui se passent à ce niveau. Nous avons également la route du balafon. Tout comme le masque, il y a un travail qui est fait pour élaborer un circuit qu’on appelle les routes, pour permettre aux chercheurs, aux touristes qui sont intéressés par les balafons, de savoir où aller pour avoir les informations nécessaires, pour voir comment on joue les balafons. Nous avons élaboré aussi la route du tissu avec le Koko Dunda et le Faso Danfani. La particularité de la région des Hauts-Bassins, dans les localités comme le Tuy, ce sont les hommes qui font le tissage, les tisserands. La route du tissu a été élaborée pour permettre aux visiteurs de connaître quels sont les localités où on peut fabriquer le Koko Dunda et le Faso Danfani.

 

Comment est-ce que le Conseil régional des Hauts-Bassins accompagne ces initiatives ?

Le Conseil régional ne travaille pas seul. C’est la force du Conseil régional. Nous travaillons avec la direction régionale de la Culture et l’Antenne régionale de Faso tourisme.  Au niveau de la région, nous avons également des partenaires et un programme. Connaissant la région des Hauts-Bassins comme une région culturelle, nous avons inscrit la culture et le tourisme dans notre Plan Régional de Développement. Ce plan permet d’accompagner ce secteur en finançant tous ses acteurs. Par exemple, l’année passée, nous avons lancé un appel à projets au profit des acteurs culturels et touristiques pour financer ces projets structurants qui vont impacter ce secteur et permettre à la région de se développer. Le Conseil régional accompagne les acteurs culturels et touristiques et également les structures déconcentrées à travers le financement de certaines activités, l’appui technique et parfois moral des activités et projets de la localité.

 

Dans la région, y a-t-il des projets ou des initiatives visant l’attractivité de la région que le Conseil régional essaie de promouvoir ?

Oui ! Comme projets, ce sont notamment les routes du tissu, du balafon et des masques. C’est un projet que nous avons mis en place.  Il y a toute une documentation. Ce sont des chercheurs accompagnés d’enseignants qui ont mené des études sur ces trois produits touristiques afin de les élaborer. Actuellement, nous travaillons à les valoriser, à communiquer et à créer un centre d’attraction à travers ces trois projets touristiques qui, à coup sûr, vont attirer beaucoup de touristes dans la région.

 

Par rapport au SITHO, quelles sont vos attentes ?

C’est d’abord de permettre à un maximum de personnes, à la population, aux visiteurs de connaître la région des Hauts-Bassins, de se rassurer que notre région vît et que sur le plan sécuritaire, il n’y a pas de problème. Il s’agit aussi de permettre aux acteurs qui nous ont accompagnés, les hôteliers, les artisans, les agences de voyage, de tisser des relations afin qu’ils puissent aussi développer leurs activités du point de vue économique. En résumé, c’est de faire les affaires, créer un cadre pour les acteurs qui nous accompagnent et promouvoir la destination Hauts-Bassins.

 

Quel est le constat que vous avez fait par rapport à la fréquentation du stand de la région des Hauts-Bassinsà ce salon ?

J’ai oublié de signaler que la région des Guiriko est la région invitée d’honneur. Cela veut dire que c’est notre région qui est mise en lumière à ce SITHO. Donc, côté visite, côté intérêt des participants, c’est une satisfaction. Les gens, quand ils viennent, ils sont plus tentés de venir d’abord au niveau de notre stand, d’échanger. On sent un grand intérêt des visiteurs de ce salon. Nous avons reçu une forte délégation des députés de l’ALP. Avant ça, il y avait les gouverneurs, le Premier ministre, les ministres. C’est dire qu’il y a vraiment un intérêt pour ce salon et surtout pour notre région.

 

Après ce salon, qu’est-ce qui sera fait au niveau de la région pour la promotion du tourisme et de la culture ?

Après ce salon, nous allons d’abord faire un bilan de notre participation. Ensuite avec les acteurs, qui nous ont accompagnés, décliner d’autres axes. Comme le Conseil régional est derrière, essayer de voir comment nous allons continuer avec notre projet des routes. Egalement avec la direction régionale de la culture, voir comment ensemble nous allons travailler.  Donc, c’est d’abord un bilan, et puis poursuivre les activités parce qu’on a beaucoup d’autres choses au programme qui cherchent des financements. Nous allons continuer à travailler pour trouver quelques financements afin de pouvoir accompagner, comme il se doit, ce secteur pour que la région des Hauts-Bassins soit toujours un trésor du Faso.

Propos recueillis

Par Firmin OUATTARA