Alliance des Etats du Sahel : vers l’opérationnalisation des organes du parlement confédéral de l’AES

Les présidents des parlements de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) se sont réunis, le 29 juin 2026 à Ouagadougou en séance de travail. Cette réunion s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération parlementaire et de la consolidation des institutions confédérales de l’AES. L’objectif était d’élaborer un calendrier opérationnel destiné à la mise en œuvre des sessions confédérales des Parlements de l’AES conformément aux engagements pris par les États membres.

 

La rencontre a réuni le président du Conseil Consultatif de la Refondation (CCR) du Niger, Dr Mamoudou Harouna DJINGAREY, le président du Conseil National de Transition (CNT) du Mali, le Général de corps d’armée Malick DIAW, et Dr Ousmane BOUGOUMA, président de l’Assemblée législative du Peuple (ALP) burkinabè. L’objectif était de transformer les textes législatifs en réalité institutionnelle. Les échanges ont porté sur l’opérationnalisation du Protocole additionnel relatif aux sessions confédérales. Après un examen approfondi des progrès réalisés, les chefs de parlement ont reconnu l’urgence d’accélérer la cadence. À l’issue des travaux, une feuille de route actualisée a été adoptée. Celle-ci définit un calendrier rigoureux pour les activités préparatoires, incluant la finalisation des dispositions juridiques, administratives et techniques. L’enjeu est de cette rencontre est de taille, permettre la tenue de la session inaugurale des Parlements de l’AES dans les meilleurs délais. Pour ce faire, les Présidents ont appelé chaque Parlement national à désigner rapidement ses représentants. Un mécanisme de coordination renforcé entre les trois institutions a également été acté pour assurer un suivi permanent des décisions.

Une motion de soutien au Burkina Faso

Pour les dirigeants parlementaires, ces sessions confédérales ne sont pas une simple formalité bureaucratique. Elles constituent un pilier essentiel de la gouvernance de la Confédération. L’objectif à long terme est d’harmoniser les législations nationales pour faciliter l’intégration ; de renforcer le contrôle des politiques menées à l’échelle de la Confédération et de promouvoir l’intégration des peuples, plaçant le citoyen au centre du projet de l’AES. Au-delà des aspects techniques, la rencontre a porté une dimension géopolitique forte. Les participants ont officiellement adopté une motion de soutien au Burkina Faso, en réaction à la résolution du Parlement européen du 18 juin 2026 critiquant la situation des droits humains dans le pays. Condamnant fermement cet acte perçu comme une ingérence, les parlements de l’AES ont exprimé leur solidarité totale et leur fraternité envers les autorités et le peuple burkinabè. Ils ont salué les efforts de Ouagadougou pour restaurer l’intégrité territoriale et ont tenu à rappeler une vérité fondamentale à savoir que la lutte contre le terrorisme est un enjeu mondial. Pour cela, ce combat exige de la solidarité internationale, une coopération sincère et un respect mutuel, plutôt que des approches susceptibles d’affaiblir les États qui sont en première ligne contre ce fléau.

Il faut noter que les Présidents des Parlements ont été reçus, en amont de leurs travaux, par le Président du Faso, Président en exercice de la Confédération des Etats du Sahel, le Capitaine Ibrahim Traoré. Cette audience a permis aux parlementaires de recueillir des orientations stratégiques et de s’assurer de l’alignement de leurs travaux sur la vision globale des chefs d’État de l’Alliance.

Aïcha TRAORE