Un marabout était à la barre du tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso, ce vendredi 28 février 2025. Il est poursuivi pour des faits de vol aggravé.
Il répond au nom de C. M, marabout de profession, père de 7 enfants, domicilié à Belleville, secteur 29 de Bobo. Le 30 janvier 2025 à Bobo-Dioulasso, il a été suspecté d’avoir dérobé trois téléphones portables, des bracelets, des bagues et la somme de 70.000 FCFA au préjudice d’un habitant du quartier Belleville. Il ressort que les faits ont été commis autour de 4 heures du matin. Lorsqu’il était en route pour son domicile, de passage devant la cour de la victime, il a constaté que ce dernier n’avait pas verrouillée sa porte. C’est ainsi qu’il s’y est introduit et a volé les biens. Après, il utilisé l’argent volé (70.000 FCFA) à des fins personnelles et gardé les objets jusqu’à ce que la police l’interpelle.
A la barre, Ii reconnaît avoir effectivement volé. » A vrai dire, j’ai volé pour aller soigner mon père. Mon père est malade et il doit subir une intervention à l’hôpital. J’avais besoin d’argent pour le soigner. Un jour, je suis sorti de la maison et du coup j’ai eu l’idée de voler ce jour-là. Je suis rentré chez la victime et j’ai volé ses biens », explique le prévenu à la barre.
Le juge lui demande ce qu’il a fait avec les 70.000 FCFA. « Je les ai utilisés pour soigner mon père », répond-il.
Lorsque les juges l’ont chauffé avec des questions, il s’est avéré qu’il a utilisé l’argent volé pour aller faroter dans un maquis et que c’est de là-bas que la police a mis la main sur lui.
Le Procureur avant de prendre ses réquisitions, l’a conseillé. « Lorsque vous volez, il ne faut pas venir mentir sur vos géniteurs. Vous avez volé, c’est tout », laisse entendre le Procureur. Il a requis contre lui la peine d’emprisonnement de 60 mois dont 36 mois ferme et une amende de 1 million F CFA avec sursis. Après que le Parquet ait requis, le prévenu a pris la parole en dernier pour sa défense. « Je demande pardon à cause de vos toges « , déclare-t-il.
Avant de livrer son verdict, les juges lui ont dit de laisser leurs toges tranquilles. » C’est l’Etat burkinabè qui nous a offert. Que ce soit le président du Faso, le président de l’Assemblée nationale, les magistrats, personne ne vole pour nourrir sa famille « , précise le président du tribunal.
Le tribunal l’a condamné à 60 mois dont 24 ferme et 1 million F CFA d’amende avec sursis.
Ben Alassane DAO
