Au palais de justice :un présumé auteur de viol à la barre

  1. A comparaissait devant le tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso en son audience du mardi 28 janvier 2025. Le parquet lui reproche d’avoir violé une fille.

 

Le viol est défini par le code pénal burkinabè en son article 533. L’article stipule en son alinéa 10 que  » tout acte de pénétration sexuelle de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise constitue un viol ». En l’espèce, le Procureur du Faso reproche à Z.A d’avoir violé une fille Kadi (nom d’emprunt) dont l’âge n’a pas été déterminé (elle ne dispose pas d’acte de naissance). Z. A est commerçant de profession. Il a une femme et père de 6 enfants. Les faits se sont passés dans un quartier de la ville de Bobo-Dioulasso en pleine journée. Ce jour-là, Kadi s’est rendue chez le monsieur pour récupérer une commission de la part de sa grande sœur (cousine). Lorsque qu’elle est arrivée chez lui, elle a laissé ses chaussures dehors et s’est retrouvée sur le matelas de Z. A qu’il avait placé au salon. C’est de là que tout est parti. Les deux ont entretenu des rapports sexuels dans la maison qui se trouve dans une cour commune. Après que la grande sœur ait attendu en vain le retour de sa sœur, cette dernière a débarqué dans la cour. Arrivée, elle commence à parler dans la cour. C’est ce qui a fait que les deux ont interrompu leur acte sexuel. Quand elle aperçoit sa petite sœur, elle lui a demandé ce qui s’est réellement passé. Et la fille répond « rien ». Elle demande à Z. A aussi, lui aussi dit la même chose. C’est après qu’elle aura constaté que sa petite sœur a eu des rapports sexuels avec le monsieur et que la fille lui a dit qu’elle a été forcée. Ainsi donc, elle porta plainte pour viol et l’affaire remonte en justice.

Je ne l’ai pas forcée

A la barre le 28 janvier 2025, le prévenu Z. A reconnaît avoir effectivement eu des relations sexuelles avec Kadi, mais nie l’avoir violée. « Ce jour-là, elle est venue chez moi pour récupérer une commission que je devais remettre à sa grande sœur à laquelle je fais la cour d’ailleurs. Quand elle est venue, elle est rentrée s’asseoir sur mon matelas dans le salon et j’ai couché avec elle. Je précise que je ne l’ai pas forcée « , confie-t-il aux juges.

Le prévenu ajoute que  » c’est après sa grande sœur m’a appelé pour me dire que j’ai violé sa petite sœur et qu’elle est blessée et est à l’hôpital pour des soins. Elle m’a demandé l’argent, je lui ai transféré 15 000 F. Après je demande à savoir dans quel hôpital se trouve Kadi. Elle ne m’a rien dit et pire, elle a bloqué mon numéro de téléphone ».

Quant à Kadi, elle donne sa version des faits. « Il m’a attrapée de force, soulevé mes deux pieds et fermé ma bouche. Il m’a menacée avec un couteau pour coucher avec moi ».

La grande sœur de Kadi a réitéré à l’audience que sa sœur a été violée par Z. A et qu’elle saignait même ce jour-là. « Z. A m’a draguée et j’ai refusé. Chaque fois, il me dit si j’ai besoin de quelque chose de lui dire. Un jour, il m’a appelée me dire qu’il a une commission pour moi et j’ai envoyé la petite aller récupérer. C’est là qu’il a abusé d’elle sexuellement », relate-t-elle.

Question du Procureur de savoir où se trouve le matelas de Z. A. Il dit  » au salon ». Pourquoi ? Poursuit le Procureur. Il répond que « d’habitude mon matelas est au salon. Je regarde la télé au salon et souvent le sommeil me prend et je dors au salon ».

Le Président du tribunal a posé la question de savoir pourquoi Kadi n’a pas crié au moment de l’acte. Elle répond que « il m’a menacée avec un couteau ». Il lui a demandé si c’est sa première fois d’entretenir des relations sexuelles avec un homme. « Oui », répond-elle.

La grande sœur de la fille réclame 70 000 F CFA au titre des dépenses.

Réquisitions du Procureur

Le Procureur du Faso a estimé qu’il y a viol. Pour lui, l’acte sexuel a été fait par surprise sans le consentement de la fille. Pour cela, il a requis contre Z.A la peine d’emprisonnement de 07 ans dont 04 ans ferme et à une amende de 600 000 F CFA, avec sursis.

Pour l’avocat de la défense, son client ne peut pas être condamné pour viol puisqu’il n y a pas d’élément de preuve montrant que la fille a été contrainte par son client. « Rien dans ce cas n’atteste ni l’âge de la fille, ni les traces de violence, de menaces et de contrainte », plaide l’avocat de Z. A.

Le verdict sera connu le mardi 04 février 2025.

Ben Alassane DAO