Jeudi 11 juillet 2024, le président du Faso, Capitaine Ibrahim Traoré, a eu une rencontre avec les forces vives de la nation au palais des Sports de Ouaga2000. A l’occasion, plusieurs sujets ont été abordés, parmi lesquels les tentatives de déstabilisation du pouvoir de la transition au Burkina Faso. Sur ce sujet, le président Capitaine n’est pas allé avec le dos de la cuillère. Sans frémir, il a accusé fortement les autorités de pays voisins, notamment de la Côte d’Ivoire et du Benin. Il ne les accuse pas d’être directement les auteurs de ces tentatives de déstabilisation des institutions du pays des hommes intègres, mais ils en seraient complices, voire des soutiens actifs à ces initiatives.
« Nous le disons et nous le répétons encore, il y a bel et bien à Abidjan un centre des opérations pour déstabiliser notre pays », a-t-il déclaré en substance. En ce qui concerne le Bénin, «Personne ne viendra nous dire qu’au Bénin il n’y a pas de bases françaises dirigées contre nous. (…) Il y a une base vers Kandy et une autre vers une autre localité. Des pistes ont été réaménagées à plus 3000 m de long. Des avions atterrissent, les gens équipent et forment des terroristes là-bas », accuse le chef de l’Etat burkinabè, Capitaine Ibrahim Traoré. Qui souligne n’avoir rien contre les peuples ivoirien ou béninois.
Sans entrer dans la polémique, il convient de rappeler que les peuples burkinabè, ivoirien et béninois sont des peuples frères qui ont toujours vécu en parfaite harmonie. Ils n’ont pas besoin de couacs dans leurs relations fraternelles.
Du reste que gagne le Capitaine Ibrahim Traoré à accuser aussi vertement les autorités ivoiriennes et béninoises ? Que gagnent les autorités ivoiriennes et béninoises à déstabiliser leur voisin, le Burkina Faso ? A notre humble avis, pas grand-chose. Même si le président du Faso dit avoir les preuves de ses accusations, ce dont nous ne doutons pas, il y a lieu de savoir raison garder. Quels que soient les griefs de part et d’autre, au nom de l’intérêt supérieur de leurs populations respectives, les autorités burkinabè, ivoiriennes et béninoises doivent jouer la carte de l’apaisement. Car, nous avons un ennemi commun à combattre, les terroristes. Même si les pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) dont le Burkina Faso, sont l’épicentre des attaques terroristes, leurs voisins côtiers ne sont pas à l’abri. La Côte d’Ivoire et le Benin ont déjà subi des attaques terroristes. Le Traité d’amitié et de coopération (TAC) Burkina/Côte d’Ivoire, en mort cérébrale actuellement, pourrait être réactivité. C’est le cadre adéquat pour discuter entre autorités burkinabè et ivoiriennes de leurs différends. De même, la commission mixte Burkina/Bénin devrait être mise à profit pour rétablir le contact et apaiser les tensions. Ce dialogue des braves vaut la peine d’être instauré. Car nous sommes condamnés à vivre ensemble, en bonne intelligence et dans l’harmonie. L’Alliance des Etats du Sahel n’est pas créée pour s’opposer à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Aussi, ce serait courir un grand danger de croire ou de faire croire que les peuples des deux organisations sont opposés. L’Afrique de l’Ouest ne doit prêter le flanc en devenant le théâtre d’affrontements ouverts ou non entre grandes puissances mondiales. Les peuples ont besoin de paix et de progrès.
Aly KONATE
alykonat@yahoo.fr