Autant le dire… : Ce sont tous des hypocrites dont il faut se méfier

Ils ne sont jamais au début à l’embarquement, mais ils savent prendre le terrain en cours de chemin. Eux, ce sont ces organisations de la société civile et ces partis politiques qui, dans toutes les circonstances, ont toujours eu la prouesse de retourner très rapidement leur veste quand ça les arrange. Ainsi, depuis ce 30 septembre avec le changement de pouvoir, ils ont eux aussi changé de veste et de pouvoir. Pour apporter leur soutien au Capitaine Ibrahim Traoré et à ses hommes, les nouveaux maitres du Faso. Des organisations de la société civile sont même nées après ce 30 septembre juste pour « apporter leur soutien au pouvoir en place ». Alors que seulement hier, ils étaient les mêmes qui apportaient leur soutien, parfois « indéfectible » au pouvoir déchu. Quant à certains partis politiques et leurs leaders, en plus de prendre acte de l’arrivée au pouvoir des nouveaux maitres, ils leur apportent ouvertement leur soutien (pour les plus démagogues) ou subtilement pour ceux qui ont encore une petite dose de décence ou de dignité.

Quand Roch Marc Christian Kaboré était au pouvoir avec son Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), il avait autour de la table plus d’une centaine de partis politiques et autant d’organisations de la société civile. Mais au lendemain de sa perte de pouvoir, comme quand le loup entre dans la bergerie, ils l’ont abandonné alors qu’il était toujours en résidence surveillée. Rares sont ceux qui avaient eu le courage de lui apporter publiquement leur soutien. Jusqu’à présent, son parti politique connait des démissions de nombreux cadres (anciens ministres, députés, maires), ceux-là même qui ont le plus bénéficié des avantages de son pouvoir.

Quand le Lieutenant Paul-Henri Sandaogo Damiba est arrivé au pouvoir avec ses camarades, ils ont encore été très nombreux (partis politiques comme organisations de la société civile, parfois les mêmes qui étaient avec le pouvoir de Roch) à lui apporter leur soutien. Ils n’ont pas manqué pour certains d’organiser des manifestations populaires pour cela. Les plus malins se sont tout simplement abstenus de s’exhiber publiquement. Se contentant, comme d’habitude de prendre acte et de s’inscrire dans la politique qu’ont définie les nouveaux maitres. Tout en apportant un soutien souterrain aux nouveaux hommes forts.

Lorsqu’est intervenu le coup d’Etat du 30 septembre qui a renversé le pouvoir du président Paul-Henri Sandaogo Damiba, ils ont encore retourné leurs vestes. Certains, toute honte bue, n’ont pas manqué de dire que c’était prévisible alors qu’ils étaient dans le navire. Si ce n’est pas de la démagogie, ça y ressemble. Du coup, ont-ils ainsi apporté (une fois de plus) leur soutien aux nouvelles autorités.

Si tout cela peut se comprendre par le fait que chacun est mis devant le fait accompli, il y a tout de même une certaine dignité qui veut qu’on ait le courage de dénoncer toute prise du pouvoir par les armes, la condamner et à ne jamais l’encourager. D’où la méfiance que tous les démocrates doivent avoir face à tout pouvoir de fait. Ne serait-ce que ça ! Qu’à cela ne tienne ! Si tout le monde soutient sincèrement, alors il ne devrait plus y avoir de problème !

Dabaoué Audrianne KANI

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