Autant le dire… :ces fortes mesures de refondation prises par le gouvernement

Désormais, les Burkinabè ne chômeront plus que 11 jours au cours de l’année alors qu’ils en chômaient 15, mieux ils étaient payés pour ça. Des dates non moins importantes dans l’histoire du Burkina Faso qui étaient chômés et payées comme le 3 janvier, le 5 août, le 31 octobre, seront désormais des jours de recueillement et de réflexion. En outre, le nombre de jours fériés liés aux religions musulmane et chrétienne est équilibré à trois. La religion africaine bénéficie de sa seule journée du 15 mai, tout en sachant que tous les jours sont consacrés à cette religion qui fonde nos valeurs et traditions burkinabè. Pour un pays qui cherche à se développer et dans lequel tout est à la fois prioritaire et urgent, il fallait réduire ce nombre-là. Et c’est ce que le gouvernement a fait au cours du conseil des ministres du jeudi 12 septembre 2025. Quand on est pauvre et cherche à se développer, on dort tard et on se réveille tôt. Autrement, on devrait travailler beaucoup plus qu’il se doit.

C’est à cette nécessité de travailler davantage mais intelligemment et consciencieusement que les Burkinabè sont appelés à travers ces réformes. Le travail n’éloigne pas seulement du vice, il honore et rend grand. En un mot, il fait vivre. Les Burkinabè étant reconnus comme de grands travailleurs, nul doute qu’ils redoubleront davantage d’effort et à tous les niveaux. Que ce soit dans l’administration publique, dans les professions libérales, que ce soit dans le secteur structuré ou l’informel, que chacun fasse bien son travail et le pays se portera mieux.

La deuxième importante décision porte sur la gratuité du passeport pour tous les ressortissants africains. Désormais, tout Africain peut venir au Burkina Faso sans payer de visa. Il suffit de remplir un formulaire sur internet et on entre au Burkina Faso. Cette mesure, s’il est besoin de le rappeler, va en droite ligne de l’option panafricaniste prise par les autorités au pouvoir. Il serait incongru de prôner le panafricanisme et de continuer à faire payer des visas pour entrer au Burkina Faso. Certes le Burkina Faso n’est pas le premier pays africain à prendre une telle mesure, il n’en demeure pas moins que c’est une mesure forte qui correspond aussi à l’intégration africaine que prônent de nombreuses organisations régionales et sous-régionales. Aussi, l’Alliance des Etats du Sahel devrait analyser la nécessité de prendre une telle mesure pour faciliter l’intégration entre elle et les autres pays africains.

En effet, l’Afrique ne sera forte et respectée que lorsque ses dirigeants auront compris la nécessité de s’unir véritablement et d’avoir des politiques économiques et de développement communes. Aucun pays pris isolément, quel que soit le poids de son économie, ne peut durablement se développer. Tous les pays riches ont des regroupements ou font partie de regroupements plus larges qui offrent des facilités et des opportunités. C’est ce que les pères fondateurs de la Communauté économiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont pensé et voulu faire. Malheureusement, ceux qui les ont succédés n’ont pas vite compris le message. Il en est de même de l’Union africaine qui peine à faire des réformes d’intégration fortes. C’est dommage !

Dabaoué Audrianne KANI