Autant le dire… : c’est Paul-Henri Sandaogo Damiba qui a cherché tout çà !

L’on se souvient qu’après avoir quitté le pouvoir le 2 octobre, et ce après trois jours de négociations avec le Capitaine Ibrahim Traoré, les autorités coutumières et religieuses et d’autres acteurs,  Paul-Henri Sandaogo Damiba disait dans une vidéo que c’est « Devant les risques de divisions et de fractures au sein de notre armée, et considérant les motivations profondes de l’avènement du MPSR et l’intérêt profond du Burkina Faso, en toute conscience et en pleine responsabilité, j’ai renoncé pour compter de ce jour 2 octobre 2022, à ma fonction de chef de l’Etat, Président de la Transition… ».

Aux nouvelles autorités, il demandait expressément de garantir ses droits ainsi que ceux de ses collaborateurs et de sa famille. « A l’endroit des nouvelles autorités, je leur formule mes vœux de succès. Je les invite à travailler, surtout à unir plutôt qu’à disperser.

Je les invite à rester patriotes et intègres. Je les invite à porter haut les valeurs du MPSR et à porter leurs responsabilités comme un sacerdoce », avait-il ajouté avant de conclure : « Que Dieu préserve le Burkina Faso et le préserve du chaos ».

Que s’est-il donc passé par la suite ? Pourquoi donc Paul-Henri Sandaogo Damiba a-t-il cherché autant, depuis son exil à Lomé, à déstabiliser le pouvoir du Capitaine Ibrahim Traoré au point de se retrouver aujourd’hui arrêté au Togo et extradé au Burkina Faso ? On peut comprendre que derrière le discours qu’il avait prononcé, il n’a en réalité jamais accepté son départ du pouvoir dans les conditions que l’on connait. Mais de là à vouloir déstabiliser le pouvoir et porter atteinte à la sûreté de l’Etat et créer le « chaos » au Burkina Faso, il y a une haine qu’il aurait fallu savoir digérer. Quand on a dirigé un pays qu’on aime, on ne le confond pas avec ses propres intérêts.

La majorité des Burkinabè se trouve dans une dynamique qui ne leur permet plus de tolérer des coups d’Etat. Ils en ont tellement vus avec toutes les conséquences qu’ils ont eues sur le développement du pays, qu’ils veulent bannir les coups d’Etat de leur vocabulaire. Le Capitaine Ibrahim Traoré et son pouvoir en sont conscients. « Leur coup d’Etat est le dernier au Burkina Faso ». C’est pourquoi, ils travaillent inlassablement à préserver le pays de tout coup d’Etat, d’où qu’il vienne.

Qu’est-ce que les nombreux coups d’Etat que le pays a connus ont apporté comme solutions aux préoccupations des Burkinabè ? Au contraire, ils ont contribué à diviser et à fragiliser l’armée, à opposer les Burkinabè dans leur ensemble les uns contre les autres ; à retarder les efforts de développement et le bien-être des Burkinabè.

Malheureusement, c’est ce que semble n’avoir pas encore compris Paul-Henri Sandaogo Damiba, même s’il faut attendre que sa responsabilité soit établie dans la tentative de coup d’Etat du 3 janvier 2026. Extradé au Burkina Faso, il aura sans doute l’occasion d’expliquer les motivations réelles qui l’ont conduit à vouloir destituer les autorités au pouvoir. N’est-ce pas le chaos qu’il a dit vouloir éviter en démissionnant, qu’il a voulu créer ?

Dabaoué Audrianne KANI