A l’occasion du défilé commémorant le 80e anniversaire de la victoire de la Deuxième guerre mondiale, la République populaire de Chine a fait une véritable démonstration de force en exhibant des armes de dernière génération. Au cours de cette commémoration, la Chine a réaffirmé « son engagement en faveur d’un développement pacifique dans un monde marqué par les turbulences et les incertitudes ». Le défilé a eu lieu sur la place Tian’nanmen, symbole de « courage et de solidarité de la nation chinoise dans sa résistance à l’agression étrangère ».
Le 9 mai dernier, la Fédération de Russie a célébré le même 80e anniversaire de la victoire de la Deuxième guerre sur la place Rouge. A l’occasion, le pays a fait une véritable démonstration de force militaire en exhibant elle aussi des armes de dernière génération aussi lourdes et légères les unes que les autres. La place Rouge dont l’importance pour la Russie n’est plus à démontrer. Ce d’autant plus que chaque grande ville russe a sa place Rouge. Elle est à la fois un symbole de pouvoir, d’histoire et de culture. Bref, c’est le symbole de la grandeur russe.
Ces deux, principaux partenaires en ce moment du Burkina, en proie au terrorisme et à la crise humanitaire, sont de grandes puissances économiques et militaires. Elles l’ont elles-mêmes démontré, ne serait-ce qu’à l’occasion des deux fêtes commémoratives ci-dessus citées. Pendant ce temps, son partenaire, le Burkina Faso lutte depuis plus de dix ans contre des groupes armés terroristes qui refusent de capituler. Il est vrai que les Burkinabè ont décidé de lutter eux-mêmes contre le terrorisme et pour l’indépendance et la souveraineté de leur pays. Cependant, ils sont conscients que cela nécessite des partenariats. Même si ces partenariats doivent respecter nos choix, il n’en demeure pas moins que dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, nos partenaires ne doivent pas être heureux que depuis plus de dix ans, des fous de la mort veulent empêcher le pays de se développer.
En effet, à quoi donc servent tous ces grands moyens militaires s’ils ne peuvent pas aider les partenaires que nous sommes à nous défaire totalement de ceux qui veulent nous empêcher de vivre ensemble et en paix chez nous ? En d’autres termes, les partenaires du Burkina Faso devraient (si ce n’est pas encore le cas) s’engager davantage à ses côtés afin de l’aider véritablement à vaincre très prochainement le terrorisme afin que le pays puisse faire face aux impératifs de développement. Et ce, au nom de la solidarité qui veut que dans le cadre d’un partenariat on prenne en compte les aspirations profondes.
Si le Burkina Faso s’est séparé de certains de ces anciens partenaires, c’est parce que ces derniers n’avaient pas, assez suffisamment, pris en compte les préoccupations réelles et profondes des Burkinabè. Il est vrai que les pays n’ont pas d’amis, mais des intérêts. Le Burkina Faso veut lui aussi tirer des intérêts des partenariats, anciens ou nouveaux, qu’il entretient avec des pays. A quoi sert d’être si puissant économiquement et militairement alors que son partenaire a besoin de soutien pour mettre fin au terrorisme ?
Dabaoué Audrianne KANI
