Autant le dire… :comment le Capitaine Ibrahim Traoré a conquis les cœurs des Burkinabè

On pourrait dire qu’il est arrivé au pouvoir ce 30 septembre 2022 sans un véritable programme, à en croire ses premières déclarations. Sa mission était très simple mais exaltante : combattre le terrorisme, recouvrir l’intégrité du territoire et mettre fin à l’insécurité ; refonder la gouvernance et remettre le pouvoir aux civils après des élections inclusives et démocratiques. La seule référence qu’on connaissait de lui, c’est celle de Capitaine, qui renvoie étrangement au souvenir du Capitaine Thomas Sankara, Président du Faso d’août 1983 à octobre 1987. Sur le plan militaire, on savait très peu de choses sur ses hauts faits.

Mais au contact du pouvoir et surtout des réalités de la lutte contre le terrorisme sur le terrain, il a vite compris. Il faut vite réorganiser l’ensemble des Forces de défense et de sécurité, les rapprocher des Burkinabè et des réalités et leur donner plus de confiance et de courage. Mais conscient que cela ne suffit pas, il a décidé de les équiper en moyens individuels et collectifs de combat. Cependant, les effectifs en ce moment de l’armée ne permettant pas un maillage complet du territoire, il allie recrutements massifs et recrutement des Volontaires pour la défense de la patrie. Sur le plan de la communication, cette autre arme de combat, le ton change. La traditionnelle communication institutionnelle fait place à la communication de guerre dont le leadership est assuré par lui-même. Il ne manque aucune occasion pour s’adresser aux Burkinabè, les mobiliser et donner du souffle aux combattants sur le théâtre des opérations. Petit à petit, le terrorisme qui avait gagné presque la totalité du pays, a été cantonné dans quelques localités du Sahel, du Nord, de l’Est et de la Boucle du Mouhoun. Aujourd’hui, la vie a repris sur plus de 70% du territoire.

Dès lors que le terrorisme qui était la hantise des Burkinabè est en net recul, le Capitaine Ibrahim apparait comme le sauveur. Ce qui est tout à fait logique.

Du coup, les Burkinabè ont envie qu’il travaille à sauver tous les secteurs de la vie de la nation où il y a des difficultés qui plombent le développement du pays et leur bien-être.

Ayant vite et bien compris le message, le Capitaine Ibrahim Traoré et ses camarades ont lancé à la fois plusieurs initiatives présidentielles touchant directement au quotidien des Burkinabè : santé, éducation, autosuffisance alimentaire, développement communautaire, Faso Mêbo et relève sportive. A travers des actions concrètes liées à ces initiatives, les Burkinabè ont compris qu’ils peuvent se développer eux-mêmes. Du coup, une fois de plus, le Capitaine Ibrahim Traoré et ses camarades apparaissent comme des sauveurs d’un peuple qu’on a longtemps maintenu dans l’antichambre du développement et du bien-être. La classe politique et tous ceux qui l’animaient pour leur majorité, sont désormais perçus comme ceux qui ont retardé le développement du pays et la prospérité des Burkinabè, notamment les plus jeunes.

Jeune comme la majorité des Burkinabè, le Capitaine Ibrahim Traoré n’a pas eu de difficultés à rallier la jeunesse à son combat. Surtout quand il le présente comme le combat libérateur d’une jeunesse longtemps désabusée et opprimée par un système démocratique qui enrichit davantage les riches et appauvrit les plus pauvres. Tout cela, les Burkinabè veulent que ça change. Et tant que le Président Ibrahim Traoré s’inscrira dans cette dynamique, il aura le soutien des Burkinabè.

Dabaoué Audrianne KANI