Autant le dire… : De quoi François Compaoré a-t-il réellement peur ?

François Compaoré donne réellement l’impression qu’il y est pour quelque chose dans le dossier Norbert Zongo. En tout cas son obstination à ne pas répondre favorablement au mandat d’arrêt international lancé contre lui alors que la justice française ne s’oppose pas à son extradition vers le Burkina Faso (son pays), en donne la preuve. Dans les prisons burkinabè ont croupi et continuent de croupir de grands hommes. Sans que leur santé, leur vie et leur sécurité ne soient directement menacées. Parmi ses hommes, les plus récents sont le Général Gilbert Diendiéré, l’ancien ministre des Affaires étrangères Djibril Bassolé, l’ancien Premier ministre Luc Adolphe Tiao, l’ancien ministre de la Défense Jean-Claude Bouda, des maires et bien d’autres citoyens de rangs aussi importants que lui François Compaoré n’a été, officiellement, que conseiller économique à la Présidence du Faso. N’eut été le fait qu’il est le petit frère du président Blaise Compaoré, de quel rang plus élevé François Compaoré peut-il prétendre pour être si important à tel point que sa sécurité, sa vie et sa santé soient menacées, si jamais il se retrouvait derrière les barreaux au Burkina Faso ? Rien, absolument rien ! Si c’est sur le plan politique, il n’a pas joué de rôle politique, aussi apparent et éminent qu’un Bognessan Arsène Yé, Paramanga Ernest Yonli, Yéro Boly, Soungalo Ouattara, Alain Yoda, Juliette Bonkoungou, Achille Tapsoba, tous aujourd’hui dans l’opposition et dont certains ont séjourné en prison. Sans que leur vie, leur sécurité ou encore leur santé ne soient véritablement menacées.

A l’analyse, François Compaoré, au fur et à mesure qu’il fait durer le suspens, se discrédite aux yeux des Burkinabé et peut bien être la risée une fois qu’il sera extradé. Ce qui se profile à l’horizon. Les conditions de vie dans les prisons au Burkina sont nettement meilleures qu’elles l’étaient il y a cinq ans. Du reste, si elles ne le sont pas, c’est entre autres par sa faute, lui et ses camarades qui étaient au pouvoir et qui ont eu l’occasion de les améliorer. Et, ils ne l’ont pas fait. Pensaient-ils qu’il n’y a que les Burkinabé de basse zone qui devaient seulement y séjourner ?

Les Burkinabé ont hâte de finir avec ces dossiers pendants devant la justice dont celui de Norbert Zongo dans lequel il est soupçonné d’avoir ordonné l’assassinat. S’il n’y est pour rien, qu’il se présente, dise sa part de vérité et jouir de sa liberté. Si ce n’est pas le cas, il ira purger sa peine et en sortira grand comme d’autres grands hommes qui ont séjourné en prison avant lui. Quand on a géré le pouvoir, quand on a contribué à construire un pays à un tel niveau comme c’est son cas, on ne fuit pas ses responsabilités. Mieux, on les assume jusqu’au bout, si toutefois on est conscient d’avoir travaillé sans considération aucune pour son peuple. Alors qu’il rentre, qu’il se présente devant la justice de son pays auquel il réclame son appartenance. On n’indexe pas son village par la main gauche ! C’est ça aussi le patriotisme.

Dabaoué Audrianne KANI

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