Gaoua : Encore une affaire de chefferie de canton

A Gaoua, des chefs coutumiers ne sont pas d’accord avec la désignation de Oussé Binkoueté Albert comme chef de canton. C’est ce qui apparaît dans une lettre ouverte en date du 22 juillet 2022, adressée au Président du Faso et parvenue à notre rédaction dont nous vous proposons des extraits.

Des chefs coutumiers ne sont pas d’accord avec la désignation de Oussé Binkoueté Albert comme chef de canton de Gaoua. C’est ce qui apparait dans une lettre ouverte en date du 22 juillet 2022, adressée au Président du Faso et parvenue à notre rédaction dont nous vous proposons des extraits.

« Nous les chefs coutumiers et chefs de terres des villages et ville de Gaoua, venons respectueusement vers vous pour dénoncer et protester contre l’intronisation de Monsieur OUSSE Binkoueté Albert comme chef de canton dont la cérémonie est prévue pour les 28, 29 et 30 juillet 2022 à Gaoua.

Cette lettre, par sa forme de lettre ouverte est une alerte, vu l’urgence de la situation ».

La présente lettre, selon les signataires, fait suite à une autre en date du 5 juillet adressée à plusieurs autorités mais qui est restée sans suite.

C’est donc, toujours selon eux, parce que « Monsieur Albert B. OUSSE  aurait dit dans le but de tromper la vigilance de la population locale qu’il bénéficie du soutien des autorités actuelles et que le Ministre des affaires religieuses et coutumières en personne sera à ses côtés le jour de son investiture comme chef de canton et chef suprême des Lobi et Birifor» qu’ils ont décidé de réagir.

Pour les signataires, « Monsieur OUSSE B.Albert n’est ni coutumier, ni chef de terre, par conséquent il ne peut prétendre être chef suprême des Lobi et Birifor ».  Aussi, estiment-ils que « s’il se fait installer, il va usurper notre rôle de coutumier parce que la chefferie cantonnière, outil du colonisateur français n’existe plus». La preuve pour eux, c’est le cas de « son oncle OUSSE Yari Adama, qui s’était autoproclamé chef de canton à sa retraite, savait que les cantons sont abolis… » et « par ce fait, les chefs coutumiers et chefs de terres ont été longtemps ignorés dans les grandes décisions quant à la vie de Gaoua». Aussi, pour eux, « après le décès de Monsieur OUSSE Yari, il sied que nous les coutumiers reprenions notre place. Plus question de parler de Canton car il n’existe pas ».

Pour les signataires, « l’on a dit que les peuples Lobi et Birifor de par leur nature sont sans chef même à l’arrivée du colonisateur et cela a constitué une difficulté pour le colon. Le colon a dû recourir aux chefs de canton qu’il a nommés pour collecter l’impôt de capitation, fournir les hommes pour les corvées de portage, les travaux et pour les guerres. Beaucoup de Lobi-Birifor ont eu à souffrir de la colonisation et vouloir ramener ce passé, c’est rouvrir des plaies non encore cicatrisées et cela menacera à coup sûr la cohésion sociale et le vivre ensemble. Pendant la colonisation, la conquête du peuple lobi fut un casse-tête pour le colon et le lieutenant CHAUDRON, commandant du cercle de Bouna écrit-il à propos des Lobi-Birifor: « ce sont des gens robustes, intelligents, fiers, jusqu’ici indépendants et insoumis, faciles à se fâcher et à tirer à l’arc… ». Ils sont libres, sans chefs en tant que pouvoir central et sont de mœurs guerrières (in Henri LABOURET, les peuples du rameau lobi).

Donc le peuple Lobi-Birifor que nous sommes, nous avons horreur de voir notre liberté restreinte par qui que ce soit et sommes prêts à défendre notre liberté».

«C’est au vu de tout ce qui précède que nous les coutumiers et chefs de terre de Gaoua, appelons de vive voix Votre Excellence Monsieur le Président du Faso à voler à notre secours pour mettre fin à sa prétention démesurée.  Car les peuples Lobi et Birifor, sont des peuples libres de par leur nature. Ils n’ont jamais de chef et c’est leur culture d’où l’appellation de peuple acéphale».

A noter que ladite lettre ouverte est signée par Da Sié Sonkourè, président, KAMBOU K. Michel, 3ème vice –Président et DAH Koubry Hervé, Secrétaire

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