Autant le dire : Ousmane Sonko aura eu tort de faire ça !

Après la démission d’El Malick Ndiaye, de son poste de Président de l’Assemblée nationale du Sénégal, et l’élection ce jour 26 mai d’Ousmane Sonko à la Présidence de l’institution parlementaire, le jeu politique, pardon…politicien est en train de prendre une autre dimension au Sénégal. Ousmane Sonko ne va pas à l’Assemblée nationale pour soutenir la politique du Président Bassirou Diomaye Faye. Les divergences de points de vue sur plusieurs questions alors qu’il était Premier ministre, vont se poursuivre à l’Assemblée nationale. Pire, elles iront en se renforçant. Car en aucun cas, Ousmane Sonko ne s’accommodera avec des politiques qui remettent en cause le projet souverainiste qu’il porte pour le Sénégal. Seulement, il ne faudrait pas qu’il oublie qu’un Projet de politique est toujours porté par une équipe et non par un individu, fut-il Ousmane Sonko.

La politique a de cela de particulier qu’à un moment de sa gloire, l’on se croit tout-puissant, ivre de pouvoir et d’aura. Mais, il suffit d’une petite faille et l’on retombe plus bas qu’on l’était. Ousmane Sonko a été celui qui, pendant tout le mandat de Macky Sall, s’est virulemment opposé et a créé toute sorte de déboires au Président élu. A tel point que Macky Sall a été obligé d’user de la force républicaine, dans tout son sens, pour faire respecter par moment les institutions et leur fonctionnement. Aujourd’hui, c’est le même Ousmane Sonko qui s’oppose à son « ami », celui-là même qu’il prétend avoir fait comme Président de la République du Sénégal. Jusqu’à quand les Sénégalais vont-ils supporter les désidératas d’un homme politique qui croit que son pays n’a d’autre destin que le sien ?

A l’analyse, les vrais Sénégal (et ils sont les plus nombreux) ont d’autres préoccupations que les questions purement politiques et politiciennes. A mi-mandat, le mandat du Pastef-Les Patriotes ne présage rien de bon. Non pas parce que le Président Diomaye Faye n’a pas voulu travailler. Mais tout simplement parce que son Premier ministre, qui devait conduire l’action gouvernementale, s’est inscrit dans une position de défiance vis-à-vis du Président de la République qu’il est.

Ousmane Sonko semble obnubilé par le palais présidentiel et les honneurs de la République. Oubliant que le Sénégal est une vielle démocratie qu’il ne peut reformer en un tour de vis. Car les vieilles démocraties ont cela de fondamental, qu’elles sont bâties sur des bases solides qu’aucun pouvoir, aussi panafricaniste et souverainiste, ne peut remettre en cause. Les institutions démocratiques au Sénégal sont suffisamment fortes pour imposer la discipline dans le fonctionnement de l’Etat. Ousmane Sonko, s’il veut avoir un destin véritablement national, doit apprendre à respecter la démocratie sénégalaise, son fonctionnement et les hommes qui l’incarnent.

Le Président Diomaye Faye dispose aujourd’hui de toute la légalité républicaine pour le mettre dans les rangs s’il le veut. Ce ne sont pas les foules folles, chauffées à blanc, qui garantissent l’exercice de la fonction de Président de la République. Du reste, la jeunesse sénégalaise a besoin de repères démocratiques, plus rassurants, qui garantissent son avenir. Et non d’un messie qui est tout aussi passager qu’un coup de vent.

Dabaoué Audrianne KANI