Quand on entend certains propos sur les réseaux sociaux, lit certains écrits ou regarde certaines images qui concernent le Burkina Faso, on a l’impression qu’il ne s’agit pas du même pays où nous, nous vivons. Tellement les propos sont alarmants qu’on peut effectivement croire que la vie s’est arrêtée au Burkina Faso. Et pourtant au Faso, ça vit malgré tout. Il faut avoir eu l’occasion de se rendre dans une localité libérée des mains des groupes armés terroristes pour se rendre compte que les Burkinabè vivent. Il faut sortir dans certaines localités et certaines villes pour se rendre compte que la vie ne s’est pas arrêtée au Burkina Faso. Il y a certes des localités où les populations vivent sous la menace des groupes terroristes. Celles-ci ne vivent sans doute pas comme les autres Burkinabè. Mais cela ne veut nullement dire qu’au Faso, on ne vit plus.
En effet, plus de dix ans après les premières attaques terroristes, les Burkinabè se sont rendus compte qu’il faut apprendre à vivre et à faire avec le terrorisme. Qui n’est pas un phénomène propre au Burkina Faso. Il se manifeste ailleurs sous d’autres formes et ce n’est pas pour autant que la vie s’y est arrêtée. Au contraire, en l’intégrant désormais dans notre quotidien, on finit par le banaliser et progressivement, il meurt de sa propre mort. C’est cela la résilience, cette autre forme de lutte contre le terrorisme. Les groupes armés terroristes ont tellement traumatisé et fait de mal aux Burkinabè, directement ou indirectement, qu’il est difficile, en tout cas dans certaines localités, de les traiter autrement si ce n’est par la lutte armée et ensuite la banalisation.
Mais en attendant, les Burkinabè vont continuer de vivre, de construire leur pays, de se battre pour libérer le reste de leur territoire afin d’accéder à leur indépendance et à leur souveraineté. Autrement, les Burkinabè ont désormais « les yeux et l’esprit ouverts ». Ils ne sont plus prêts à se faire voler les ressources de leur pays ; ils ne sont plus prêts à se laisser vassaliser, contraints à quémander alors qu’ils ont les moyens de produire et de subvenir à leurs propres besoins.
Bien entendu cette lutte n’est pas seulement militaire et dirigée contre les seuls groupes armés terroristes mais contre tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, se dressent contre notre développement, notre progrès et notre bien-être. Aussi, en ce qui concerne la refondation de l’Etat et surtout de la gouvernance et de la lutte contre la corruption, le combat doit être implacable. Les politiques publiques, quelle que soit leur qualité, ne peuvent être mises en œuvre sans une administration publique performante, engagée et déterminée dont les agents sont animés par un esprit de service public : servir les Burkinabè et bien. De même, elles ne peuvent (les politiques publiques) produire des résultats sans un secteur privé dynamique, créateur de richesses. Aussi, est-il temps que les Burkinabè comprennent que la lutte qui se mène actuellement est celle pour l’avenir de leur pays et des générations futures. A chacun de choisir son camp.
Dabaoué Audrianne KANI
