Autant le dire… :et pourtant, les Burkinabè ont besoin de se réconcilier

Quand Maître Herman Yaméogo a proposé sa réconciliation par visioconférence qu’il souhaite qu’elle soit conduite par Ablassé Ouédraogo, les réactions d’une catégorie de Burkinabè sont venues confirmer la nécessité de la réconciliation des Burkinabè quelle que soit la forme. D’abord les nombreux coups d’État et les deux insurrections que le pays a connus ne peuvent pas ne pas avoir opposé des Burkinabè à des Burkinabè. Elles ne peuvent pas ne pas avoir divisé des familles, des communautés, des corps socioprofessionnels.

Ensuite, et plus spécifiquement, les nombreuses tentatives de déstabilisation dont a fait l’objet le pouvoir conduit par le Capitaine Ibrahim Traoré, est la preuve de divisions entre des Burkinabè. Des Burkinabè portent à jamais, depuis les indépendances à nos jours, des séquelles physiques ou morales d’abus dont ils ne souhaitent que la reconnaissance et le pardon des auteurs. En retour, des Burkinabè veulent qu’on leur offre l’occasion de se repentir et d’avoir la conscience tranquille.

Enfin la jeunesse burkinabè dans son ensemble a besoin de se réconcilier avec les générations précédentes pour bénéficier entièrement de leurs conseils afin d’être prête pour conduire la destinée du pays. C’est une nécessité impérieuse si l’on veut d’une jeunesse véritablement consciencieuse de sa mission. L’adage ne dit-il pas que si vieillesse pouvait et si jeunesse savait ? La fougue de la jeunesse à elle seule ne suffit pas s’il n’y a pas une dose de sagesse. De même, la vieillesse ne suffit pas sans la fougue et la vigueur indispensables pour porter le fardeau. C’est la nature de l’humanité qui est ainsi faite.

Du reste, le Capitaine Ibrahim Traoré dans tous ses discours ou messages a toujours prôné le rassemblement, l’unité des Burkinabè afin de faire face efficacement aux défis qui nous attendent. Cette unité ne peut être effectuée tant qu’il y a des Burkinabè qui sont stigmatisés, pour diverses raisons, par d’autres Burkinabè.

Le Capitaine Ibrahim Traoré est le Président du Faso. Il est le Président de tous les Burkinabè ; de ceux qui l’ont aidé à prendre le pouvoir et de ceux qu’ils ont renversé. Dans le cadre d’une élection on dirait qu’il est le Président de ceux qui l’ont élu et de ceux qui ne l’ont pas élu. C’est notre Président à nous tous. Ceux qui estiment qu’ils sont plus proches de lui doivent faire en sorte à rassembler autour de lui ceux qui ne le sont pas. Le contraire consiste à ne pas aider le Président et son gouvernement dans leur mission de pacification du pays et de refondation de la gouvernance. D’où la nécessité absolue de la réconciliation qui appelle l’unité, la cohésion sociale et le vivre-ensemble : gage de développement.

Dabaoué Audrianne KANI