Autant le dire : la lutte continue !

Les choix politiques et idéologiques opérés par le Burkina Faso, le Mali et le Niger dérangent. Ils dérangent parce que les dirigeants des trois pays ont décidé de rompre avec l’ancien colonisateur qu’est la France. Ils dérangent parce que les peuples de ces trois pays ont décidé de décider désormais par eux-mêmes et pour eux-mêmes. Ils dérangent parce qu’ils obligent tous les pays qui veulent avoir des partenariats avec eux, le fassent dans le respect de leur dignité et de leur souveraineté. Ils dérangent parce qu’ils soumettent désormais celui qui, pendant longtemps, a dicté ses droits à des devoirs. Ils dérangent encore parce que c’est d’égal à égal que les partenariats se nouent désormais.

Plus de dominant. Plus de dominé non plus. Et ça, si c’est bon pour nous, ce n’est pas bon pour d’autres. Aussi, si des pays ont accepté ce qui s’apparente à un « diktat » de notre part, d’autres ne veulent pas l’entendre. Même d’une seule oreille. Voilà le problème !

Face à une telle obstination aveugle, il faut nécessairement opposer une résistance farouche. Indiscutablement, c’est ce que les peuples du Sahel ont aujourd’hui l’obligation de faire. Car aucun oppresseur ne peut facilement accepter de perdre des privilèges dont il a bénéficié pendant plusieurs décennies. Ce qui est tout à fait normal.

Le combat que nous menons et qui va se poursuivre pendant très longtemps, n’est pas seulement sécuritaire. Il est important de le comprendre dans sa globalité. Il est aussi économique, social, culturel et idéologique. C’est une donnée qu’il faut constamment avoir à l’esprit. L’adversaire se servira de tous les moyens possibles pour arriver à ses fins. Il nous appartient, nous aussi, de défendre nos positions et de vaincre définitivement.

Que les peuples le comprennent. Il s’agit pour les générations que nous sommes, de bâtir des nations et un espace de sécurité, de paix, de fraternité et de solidarité. Non pas forcément pour nous-mêmes. Mais pour ceux qui viendront après nous. Nos devanciers ont mené leur part de combat autant qu’ils le pouvaient avec les moyens qu’ils avaient en leur possession.

L’Eldorado dont nous rêvons, nous pouvons bien le réaliser. Ici chez nous. Ceux qui l’ont fait chez eux ne sont pas plus intelligents, encore moins plus déterminés que nous. Ils ont juste décidé à un moment donné de l’histoire de leur cheminement, de développer leurs pays. Et ils l’ont fait. Pourquoi ne le ferons-nous pas, nous ?

Nous avons une jeunesse engagée et déterminée pour bâtir désormais son avenir. Nous avons les ressources naturelles pour ça. Les intelligences aussi. Nous avons aussi les terres. Contrairement à ce qui est répandu, la nature ne nous a pas défavorisés. Au contraire, la nature nous a tout donné. On n’a pas voulu qu’on le sache. Malheureusement pour eux, et heureusement pour nous : maintenant on le sait. Que reste-il désormais à faire ?

Le Professeur Joseph Ki-Zerbo a dit que « n’an laara, an saara » (si nous nous couchons, nous sommes morts). Cette pensée est d’actualité, car le moment est venu pour nous de nus mettre débout. Car effectivement, si on se couche, on est mort ! Et ça risque d’être pour toujours ! Alors, la lutte continue !

Dabaoué Audrianne KANI