Autant le dire… : la Révolution, c’est la discipline dans les actes et dans les cerveaux

Il y a de ces soutiens au pouvoir du Capitaine Ibrahim Traoré qui, quand on les lit sur les réseaux sociaux ou quand on les écoute sur les ondes de radios ou sur des plateaux de télévisions, on se demande s’ils sont de véritables soutiens du pouvoir dans sa quête de changement pour un Burkina Faso nouveau. C’est à la limite si certains d’entre eux comprennent réellement le sens véritable de la Révolution progressiste populaire (RPP) prônée par le Capitaine Ibrahim Traoré et son régime. Quand l’on se rappelle que ce sont les mêmes soutiens aveugles et désordonnés qui ont obligé le Capitaine Thomas Sankara à un moment de la conduite de la Révolution démocratique et populaire (RDP) à revoir certaines dérives qui avaient déjà sérieusement entaché l’image de la Révolution, on a envie de dire au Capitaine de jeter un coup d’œil dans la bergerie. Car, il semble évident, qu’il y a de plus en plus de la pagaille. Alors que la Révolution progressiste populaire, c’est d’abord la discipline dans les actes mais aussi et surtout dans les cerveaux. On ne peut en aucun cas mener une Révolution et bâtir solidement une nation avec autant de légèreté dans les comportements et dans les réflexions.

D’abord, quand on est dans un système, on se documente là-dessus et on cherche à le comprendre en profondeur pour mieux l’expliquer et le défendre. Malheureusement, visiblement, de nombreux soutiens du Capitaine Ibrahim Traoré et de la RPP ne savent pas de quoi il s’agit exactement. La seule chose qu’ils savent, c’est que nous sommes en révolution qui, pour eux, consiste au changement. Mais lequel et comment ? Ne leur posez pas cette question. D’ailleurs, le changement dont ils parlent et dont ils sont conscients concerne les autres et non eux. Pathétique non ? C’est certainement ce qui explique que malgré les efforts qui sont faits dans beaucoup de secteurs, les résultats peinent à être visibles.

Ensuite, quand on est dans un système, parce qu’on y était au début ou par cooptation en cours de chemin, on s’efforce de gérer toutes les questions liées à son fonctionnement de l’intérieur. En outre, on n’étale plus sur la place publique (ici les réseaux sociaux) les manquements de certains membres du même système. Une fois de plus, on gère tout cela à l’intérieur. Quand un maillon de la chaine ne fonctionne pas correctement, c’est toujours à l’interne qu’on le répare. A défaut, on l’ampute et on recolle la chaine parce qu’on dispose de la force nécessaire pour le faire.

Aussi, le Capitaine et ses proches fidèles qui savent exactement ce qu’ils veulent pour le Burkina Faso doivent dès à présent recadrer les dérives de certains de leurs camarades qui les soutiennent mal. Car, ils contribuent, par ignorance ou par égoïsme ou tout simplement par un jeu de tortue à double carapace à détricoter certains efforts qui sont en train d’être faits pour rassembler les Burkinabè autour des objectifs de la Révolution progressiste populaire. Si une révolution n’a pas besoin de tout le monde pour s’imposer, elle nécessite la conjugaison des efforts de la majorité pour s’opérer durablement.

Dabaoué Audrianne KANI