
Pour leur affrontement en match des huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations, Maroc 2025, les Eléphants de Côte d’Ivoire ont battu les Etalons du Burkina Faso. Trois buts à zéro. L’un des scores les plus lourds de ces huitièmes de finale. A dire vrai, l’équipe de Côte d’Ivoire avait en face d’elle une équipe des Etalons diminuée à tous les niveaux. En montant sur le terrain ce 6 janvier 2026, les Etalons ne s’attendaient certainement pas à être battus avec un tel score. Les supporters non plus. Même l’équipe de Côte d’Ivoire n’était pas certaine qu’elle pouvait battre aussi facilement, et avec un score de trois buts à zéro, les Etalons. Mais, une fois sur le terrain, ils l’ont fait. Avec la manière. Et justement, c’est cette manière qui fait mal. Car, les Etalons ont tout simplement été ridiculisés, humiliés, battus et renvoyés dans les vestiaires. Quand on joue un match de football à ce niveau, on sait qu’il y a deux cas : soit on perd, soit on gagne. Cependant, il y a la manière de perdre. Ce n’est donc pas la victoire de l’équipe de Côte d’Ivoire qui fait mal, mais la manière dont nous avons perdu. C’est honteux !
Les Etalons du Burkina ont manqué de mordant, de combativité, de rage de vaincre. Et surtout d’engagement. Ils étaient complètement absents sur le terrain. On a même eu l’impression à un moment donné qu’ils refusaient de jouer. Statiques, ils l’étaient presque. Regardant parfois les attaquants ivoiriens s’amuser avec le ballon dans leur surface de réparation. Ce qui est bien contraire aux valeurs de combativité, de patriotisme et de dignité que défendent les Burkinabè. Une fois de plus, c’est cela qui fait mal. Oui, les Burkinabè ont eu très mal.
Quant à l’équipe de Côte d’Ivoire, elle a été étincelante, présente, brave, courageuse et déterminée. Elle a démontré qu’elle mérite son titre de champion d’Afrique. Et l’ambition qu’elle nourrit de le conserver. Pour la seconde fois consécutive. C’est ça, une équipe de football. Bravo !
Maintenant que nous sommes battus et sortis par la petite porte, que reste-t-il à faire ? Jeter le bébé avec l’eau du bain ? Autrement, tout casser et recommencer ? Ça peut être une option, parmi tant d’autres. En attendant, il est indispensable de faire un réel diagnostic, sans complaisance, des difficultés qui minent notre football, rechercher le remède qui sied et l’appliquer correctement. Sans émotion. Comme dans tout autre domaine sérieux ou de compétition, on ne peut faire de l’à-peu-près en football. Les résultats auxquels nous sommes parvenus pendant cette Coupe d’Afrique est la recette de ce que nous avons bâti au cours de ces dix dernières années en matière de football.
Du ministère des Sports aux supporters en passant par la Fédération burkinabè de football, l’encadrement technique, les joueurs, les journalistes sportifs…que chacun s’interroge intérieurement et très franchement sur sa responsabilité dans cette débâcle collective, ce 6 janvier, au grand stade de Marrakech.
Les priorités de développement sont telles qu’il ne sera certainement plus possible de continuer à injecter aussi beaucoup d’argent dans un secteur qui ne rapporte rien aux Burkinabè. D’ailleurs, le football ne fait pas partie de nos traditions.
Dabaoué Audrianne KANI