Autant le dire : le problème du « consommons burkinabè », ce sont les prix des produits

« Tous pour le Made in Burkina : Faisons de chaque achat un acte de souveraineté », c’est le sous-thème du Thème général « Produisons burkinabè, consommons burkinabè ! » des Journées d’engagement patriotique et de participation citoyenne. Ce thème fait suite à celui de la première phase qui était « Mon assiette, ma fierté ». Ce thème, comme le précédent, invite les Burkinabè à consommer ce qu’ils produisent et à produire ce qu’ils consomment. « Car c’est de nos champs, de nos ateliers, de nos boutiques et de nos tables que se construit une nation debout, fière et souveraine », a dit le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré dans son message à cette occasion.

A l’analyse, ils sont aujourd’hui peu les Burkinabè qui n’aiment pas les produits made in Burkina Faso. Il n’y a qu’à faire le tour sous les manguiers ou sous d’autres arbres les weekends pour constater comme le riz de Bama ou de Bagré cuit à base de soumbala est prisé. Il en est de même du poulet bicyclette, du porc-au-four, du tô à la sauce feuilles ou encore à la sauce gombo frais ou sec, au vouaga.

Il faut avoir la chance de participer à une réception pour savoir que les Burkinabè préfèrent les pois de terre au pois importé. Ils préfèrent le haricot aux lentilles. Les Burkinabè préfèrent boire le jus teedo (jus de pain de singe), de bissap, de gingembre, de tamarin ou de pois sucré aux sodas et autres sucreries. Ils préfèrent le sucre blond de la SOSUCO au sucre même blanc, et l’huile Savor de coton ou de soja de la SN-Citec ou de toute autre unité industrielle de production d’huile aux huiles importées, quelle que soit leur qualité.

Le problème du « Consommons burkinabè », ce n’est donc pas une question de préférence. C’est beaucoup plus une question de moyens financiers, de prix des produits que toute autre. Quand le Burkinabè arrive dans les rayons d’une alimentation ou d’une boutique, comme tout consommateur, il regarde d’abord les prix. Face à deux produits (des huiles par exemple) dont l’un est made in Burkina et l’autre importé, s’ils ont le même prix, inutile de dire qu’il choisira celui fabriqué au Burkina Faso. Mais lorsque le produit importé coûte moins cher, son choix est dicté par la poche. Le patriotisme n’y peut rien car c’est une question de bon sens mais surtout de moyens financiers.

C’est certainement ce que le gouvernement a compris et il met l’accent sur les moyens de production. Notamment en matière d’électricité car c’est le principal facteur de production qui coûte le plus cher et qui contribue à renchérie les prix des produits. Puis, il y a certaines les matières premières qu’il faut malheureusement faire venir de l’extérieur pour certains produits. L’autre aspect et non des moindres, ce sont la multitude d’intermédiaires sur le circuit de la vente qui veulent chacun sa part de bénéfice. Rendant le prix du produit plus cher. Et c’est malheureusement le consommateur qui paie tout cela.

Dabaoué Audrianne KANI