Autant le dire… Monsieur le président, il faut secouer le cocotier !

Si on peut bien lui pardonner le début difficile de son premier mandat, et les nombreuses manifestations auxquelles il a fait face pendant, on ne peut pas comprendre la lourdeur du début du second mandat de Roch Marc Christian Kaboré. Si on était dans une sorte d’attentisme. Si bien que l’impression qui se dégage est comme si le président avait des difficultés à faire bouger les lignes. Nommés en janvier, pour l’instant la plupart des ministres tournent dans les services ou dans les régions pour visiter des services ou à la rencontre de leurs collaborateurs. Des chantiers du premier mandat sont en souffrance dans certaines localités. Des premières pierres ont été posées et attendent vainement les deuxièmes. Comme c’est le cas du nouvel hôpital de Bobo-Dioulasso ou encore de l’avenue de l’insurrection populaire dans la même ville. Alors que le mandat s’égrène. Que se passe-t-il alors ?

Pour son second mandat, et le dernier conformément à la Constitution, le président Roch Marc Christian Kaboré a toutes les cartes en main pour inscrire son nom dans l’histoire du Burkina. Il ne se représente plus. Si au cours du premier mandat il lui manquait visiblement les hommes pour tenir la barque, actuellement ce n’est plus le cas. Au cours de son premier mandat, il a fait face à de nombreuses manifestations sociales, syndicales et parfois politiques. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. On peut même dire qu’il bénéficie d’une certaine indulgence des syndicats, des organisations de la société civile et de la classe politique opposée.

Élu après une insurrection populaire en laquelle les Burkinabè portaient beaucoup d’espoir, le régime de Roch Marc Christian Kaboré a tout intérêt à s’inscrire dans cette dynamique. De régime démocratique, il est aussi un régime de révolution, de changement des mentalités et des méthodes. Malheureusement, cela semble ne plus être le cas. Quand on interroge les Burkinabè sur la situation de leur pays, ils répondent tout de suite que tout est pire qu’avant. Ils vous diront également que les méthodes ont tout simplement changé et sont devenues plus performantes.

Roch attend-t-il que les syndicats ou les acteurs de la société civile se lèvent pour agir et faire agir son équipe ? Si c’est le cas, il peut bien attendre. Ce qui est évident, c’est que les Burkinabè n’attendront pas longtemps avant de revendiquer de meilleures conditions de vie et de travail. Ayant choisi d’être président du Faso, porteur des espoirs de tout un peuple, Roch Marc Christian Kaboré doit se donner tous les moyens de réussir ce pari. Il a passé dix ans comme président à l’Assemblée nationale. Il a été Premier ministre et plusieurs fois ministres. Il a également été directeur de société. Que veut-il encore si ce n’est marquer son passage à la tête du pays comme président par des actes forts, durables, voire inoubliables au bénéficie de ce pays qui lui a tout donné ? Il a encore le choix, car il n’est qu’au début de son second mandat.

Les Burkinabè sont très patients. Ce n’est pas pour autant qu’ils ne savent pas dire non, quand il le faut.

Dabaoué Audrianne KANI

Fermer le menu
fringilla ipsum dictum commodo Donec quis id