Autant le dire… :paix, cohésion et refondation, ne pas abandonner la proie pour l’ombre

L’accalmie que nous observons dans certaines parties du pays, reconquises et consolidées, laisse croire que le combat contre le terrorisme, l’impérialisme et pour la reconquête de l’intégrité de notre territoire en vue de la souveraineté et de l’indépendance est déjà gagné. Ce sera une grosse erreur de penser ainsi car, plus que jamais, nous devons nous mobiliser et nous déterminer à combattre davantage.

Le terrorisme, ce n’est pas seulement les attaques terroristes, mais il existe plusieurs types de terrorisme. Ce phénomène perfide peut s’exprimer de plusieurs manières et sous différentes formes. Ainsi, on a le terrorisme économique qui consiste à saper les bases de notre économie en usant de plusieurs stratégies. La corruption et la fraude en sont quelques-unes.

Le terrorisme, c’est aussi s’attaquer à notre système éducatif afin qu’en lieu et place des Burkinabè que nous voulons pour assurer l’avenir du pays, on se retrouve avec des hommes et des femmes indisciplinés et désordonnés ; sans conviction et sans ambition aucune, incapables de faire face à aucune adversité.

Le terrorisme, c’est aussi faire en sorte dans l’administration publique, pilier incontournable de la mise en œuvre des politiques publiques, que celles-ci n’aboutissent pas. Autrement dit, c’est de faire échouer, de quelque manière que ce soit, la nouvelle vision de refondation ou de réforme de l’administration publique.

Le terrorisme, c’est également travailler à endormir les consciences afin que les Burkinabè ne comprennent pas les enjeux actuels qui gouvernent le monde et qui veulent que chaque peuple prenne en main son destin en s’assumant pleinement et entièrement. En d’autres termes, aucun pays et aucun peuple, aussi philanthrope soit-il, ne viendra bâtir une nation à la place de ses habitants. Ce qui veut dire que le Burkina Faso sera ce que les Burkinabè veulent qu’il soit. La lutte contre le terrorisme, c’est lutter contre tous ces comportements et idéologies, d’où qu’ils viennent, qui avilissent les Burkinabè pour mieux les exploiter.

La réconciliation dont il est question est loin d’être une seule question politique. Elle est aussi religieuse, communautaire et sociale. La coexistence ou le dialogue inter-religieux dont nous nous gargarisons n’est en réalité que de façade. Quand on considère ne serait-ce que les religions, il y a des divergences à l’intérieur dont les raisons ne sont pas seulement religieuses mais parfois économiques et sociales. Certaines communautés ne se sentent pas suffisamment Burkinabè chez elles au Burkina Faso. Il faut avoir le courage d’en parler, apaiser les cœurs, se réconcilier et bâtir la nation ensemble. Certaines localités qui se sentent abonnées se demandent si au plus haut niveau de l’Etat on est au courant qu’elles font partie du Burkina Faso.

C’est pourquoi, nous devons chacun en ce qui nous concerne, nous concentrer, une fois de plus, sur l’essentiel. Tout simplement parce que l’ennemi usera toujours de tous les moyens pour nous diviser et nous dérouter afin de parvenir à ses objectifs. Quel que soit ce que nous savons faire, nous devons le faire non pas pour quelqu’un d’autre, mais pour nous-mêmes d’abord et être fier d’avoir fait quelque chose de bien.

Dabaoué Audrianne KANI