
On a l’impression que dans le cadre de la refondation, chaque ministère veut qu’on dise qu’il est le meilleur dans le domaine. Si bien qu’on assiste à une sorte de course aux reformes. Les toutes dernières sont celles que le ministère des Enseignements supérieurs a décidé d’opérer à partir de la rentrée académique 2026-2027 dans les Institutions privées d’enseignement supérieur (IPES). Avant lui, celui des enseignements primaires, post-primaires a décidé que nos enfants candidats au Certificat d’études primaires vont chanter l’hymne national en langue nationale pendant les prochains examens. Celui de l’Administration du territoire avait décidé de rebaptiser certaines régions et provinces et de créer de nouvelles provinces.
Des reformes qui avaient donné lieu à une grandes polémiques mais aussi à des suggestions qui, pour l’instant, n’ont pas reçu de réponses. Ce qui laisse croire que le ministère est passé en forte. Son collègue de la santé a été contraint par les réalités du terrain de revenir sur ses mesures qui devaient empêcher les agents de santé du public d’intervenir dans le privé. Dans leur majorité, les Burkinabè ne sont pas réfractaires aux reformes et aux changements même quand ceux-ci remettent en cause des acquis personnels. Parce qu’ils sont conscients que tout changement, dans son essence, vise à améliorer ce qui existe afin de profiter davantage au plus grand nombre. C’est pourquoi, toute réforme ou tout changement doit impérativement tenir compte de l’intérêt général et requérir l’assentiment de la majorité des Burkinabè. Autant on ne peut faire le bien de quelqu’un à sa place, autant on ne peut lui imposer un changement.
Dans le domaine de la santé par exemple, l’Etat, malgré ses moyens, ne peut en aucune façon assurer à lui seul la santé des Burkinabè sans l’appui du secteur privé. C’est ainsi que ça se passe partout dans le monde. Dans l’éducation primaire, post-primaire et secondaire, sans le privé, l’Etat ne peut disposer des infrastructures nécessaires pour scolariser l’ensemble des élèves. Son rôle est de veiller à ce que les conditions d’apprentissage soient bonnes et respectées. Il en est de même dans l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle et technique où l’Etat a fortement besoin de l’apport du privé pour résorber le manque d’infrastructures.
Si les reformes doivent servir à améliorer la qualité des enseignements ou de tout ce qui se fait, on ne doit pas donner l’impression qu’elles viennent pour montrer que dans le privé, on ne fait pas du bon travail. Elles ne doivent pas non plus consister à opposer le public et le privé. Au contraire, elles doivent contribuer à améliorer les relations ou la collaboration entre les deux.
Les politiques publiques actuelles et celles à mettre en œuvre doivent concourir à rassembler les Burkinabè autour d’objectifs de développement communs. Indéniablement, chaque Burkinabè veut apporter sa contribution à la construction de la nation. Il n’est pas mauvais de prendre en compte les suggestions et contributions des uns et des autres. Le Burkina Faso est le seul bien qui nous appartient tous, que chacun doit travailler à préserver afin que nous le rendions meilleur qu’il l’est actuellement aux générations suivantes.
Dabaoué Audrianne KANI