Le chef du village de Nasso, Tioro Sanon, à travers un communiqué en date du 14 février 2025, rappelle que son interdiction de la baignade dans la rivière Kou, ainsi que les sorties sur les berges de ladite rivière, reste d’actualité. Ainsi, il informe les populations des villages environnants et de Bobo-Dioulasso, de même que les structures éducatives et de formation sans oublier les parents d’élèves, élèves et étudiants, que tout contrevenant à la présente mesure sera entièrement responsable de ce qui adviendra.
C’est un rappel qui intervient à un moment où les populations de la ville de Bobo-Dioulasso et environnants, comme un peu partout sur le territoire national, commencent à ressentir peu à peu la chaleur. C’est en effet pendant ce temps que les amateurs de la baignade dans la rivière Kou à Nasso, se signalent. Ce communiqué est donc là comme pour dire, ‘‘n’y pensez même pas’’. On se souviendra que cette décision d’interdire la baignade dans la rivière Kou a été prise courant mars 2023. Les jours suivants, une équipe de L’Express du Faso avait été reçue par le chef du village de Nasso, entouré de plusieurs notabilités. Ces reporters voulaient connaître les raisons qui ont motivé la prise de cette décision, et elles sont nombreuses. D’entrée de jeu, il ressortait de l’entretient que les amateurs de cette baignade circulaient très mal sur la voie menant au lieu de la baignade. Dieudonné Sanou, un ressortissant de Nasso, expliquait que c’est avec aisance qu’ils font des excès de vitesse et des acrobaties, sans très souvent être inquiétés par les forces de l’ordre. Leurs actes ont entrainé plusieurs fois des accidents, malheureusement entre eux ou avec des riverains. Ce qu’il déplore également est le temps mis par les pompiers pour intervenir quand cela arrive. Il reconnait tout de même que les forces de l’ordre agissent sur ladite voie, mais trouve cela très insuffisant, au regard de la gravité de la situation.
«Ce n’est pas un lieu de baignade»
A Dieudonné Sanou d’affirmer que «d’ailleurs, la Guinguette n’est pas un lieu de baignade». Il soutient que quand la baignade débute, à leur niveau, les femmes ne peuvent plus se servir en eau dans la rivière en question. L’eau devient trouble et est pleine d’impuretés car dans cette même eau, «d’autres osent avoir des rapports sexuels». Il ajoute «qu’on ne veut même plus que des gens se baignent dans la rivière-là». Dokaba Sanou embouche la même trompète que Dieudonné Sanou. Pour lui, il est inconcevable que lorsque des gens viennent et repartent de la Guinguette, qu’on y trouve des préservatifs usagers. C’est un manque total de respect, selon ce dernier. Ceux qui posent ces actes n’ont sûrement pas connaissance des dégâts que cela cause, fait remarquer Dokaba Sanou. Ces actes sont interdits et eux sont fatigués de chaque fois faire des sacrifices pour rectifier le tir en calmant la colère des ancêtres. Puisque selon Gaston Sanou, chef des notables de Nasso, la rivière a ses interdits et ceux qui s’y baignent ne font que les transgresser. A l’entendre ce jour, des plaintes avaient été déposées mais sans suite. Il affirmait donc que les autorités sont au courant, mais lui se demande pourquoi rien n’était fait ?
«On doit prendre cette affaire au sérieux»
Pour le chef du village de Nasso, Tioro Sanon, la question de l’eau est tellement délicate qu’il faut la prendre au sérieux. Il est inimaginable pour lui qu’on puisse entretenir des relations intimes dans la rivière ou dans la forêt. «C’est inconcevable ! A Nasso ici, nous ne buvons que de la saleté», à entendre le chef du village et ses collaborateurs.
Abdoul-Karim Etienne SANON
