Barkhane diminue ses effectifs, le G5 Sahel face à ses responsabilités

Barkhane, la force française en  lutte contre le terrorisme dans le Sahel va réduire le nombre de soldats français qui la composent. L’information a été donnée ce week-end par la ministre française des Armées. Cette annonce fait suite à des pertes en vies humaines de cinq soldats français dans la zone dite des trois frontières. Elle intervient aussi un an après la rencontre de Pau en France où les présidents français et africains de la force G5 Sahel s’étaient retrouvés pour clarifier, d’un côté comme de l’autre, leurs positions dans cette lutte. La France avait, à l’issue de cette rencontre, procédé à l’augmentation du nombre de ses effectifs militaires intervenant dans la zone. Elle avait également renforcé le matériel militaire. Mais que s’est-il passé une année après pour qu’elle veuille retirer plus d’un millier de militaires de la zone ?

Officiellement, rien ne filtre ni des milieux militaires ni des milieux diplomatiques. Mais, on peut aisément imaginer que la France avait soutenu qu’elle mettrait en avant les forces armées des pays membres du G5 Sahel. Autrement, elle devait jouer un rôle d’appui et non être en première ligne. Elle devait aussi renforcer les capacités militaires de ces armées afin que progressivement, elles prennent entièrement la direction des opérations. Est-ce à dire que ces objectifs sont atteints au point que la France veuille retirer une partie de ses militaires ? N’eut été les dernières attaques au Niger qui ont fait une centaine de morts et les tueries de soldats français, on pouvait dire que le terrorisme est en recul. Pourquoi donc, c’est ce moment que la France a choisi pour annoncer la réduction de ses effectifs militaires dans la zone ?

Les pays membres du G5 Sahel doivent le savoir une fois pour toute : la lutte contre le terrorisme sera remportée par eux-mêmes. En clair, aucun pays, aussi fort qu’il soit, n’acceptera laisser tuer ses fils au nom d’une quelque lutte contre le terrorisme. C’est dire que l’opinion française peut à n’importe quel moment se retourner contre la politique française de lutte contre le terrorisme. Les autorités françaises n’auront pas le choix que d’en tenir compte. La décision actuelle pourrait répondre à cette exigence. Déjà que leur pays est en proie au Coronavirus qui y fait de nombreux morts, la France ne peut continuer de se payer le luxe de laisser ses troupes mourir au Sahel.

Maintenant que la France se retire, même si ce n’est pas entièrement, nous sommes face à nos responsabilités. Il nous revient désormais de gagner par la négociation ou la force de frappe de nos armées cette lutte contre le terrorisme. Malheureusement, nous ne disposons pas de tous les moyens pour le faire. Que ce soit le Mali, le Niger ou le Burkina, ils ne sont pas suffisamment armés pour combattre efficacement le terrorisme. A quoi faut-il donc s’attendre ? A une recrudescence des attaques ? A des déplacements de populations et à des fermetures de l’administration dans certaines zones ? Touchons du bois !

Dabaoué Audrianne KANI

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