Bobo-Dioulasso : voici pourquoi les femmes préfèrent les taxis-motos

Les tricycles sont de plus en plus empruntés par les femmes à Bobo-Dioulasso. Hier lundi 02 mars 2026, une équipe de L’Express de Faso est allée à la rencontre de certaines femmes pour en savoir davantage sur les raisons qui les poussent à emprunter ce moyen de transport.

 

Il est 10h ce lundi matin lorsque nous arrivions à l’entrée Est du marché de fruits et de légumes de Bobo. Sur la chaussée, deux femmes dont l’une portant son bébé au dos, sont embarquées à bord d’un tricycle en direction de Belleville. Dans les rues de la ville de Sya, les femmes empruntent régulièrement les tricycles communément appelés taxi-motos comme moyen de transport. Chaque matin, on les voit, munies de leurs bagages, à bords de ces engins qui sillonnent en longueur de journée les artères de la capitale économique. Korotimi Barro dit “maman tontine” est une cliente des taxi-motos. Elle justifie sa préférence pour ce moyen de transport par son coût plus supportable par rapport au taxi ordinaire. « Pour n’importe quelle course, il vous suffit juste de débourser la somme de 300 FCFA pour un aller-retour››, fait-elle savoir. Kango Barro, commerçante au marché de fruit de Bobo-Dioulasso et également cliente des taxi-motos, ‹‹emprunter les tricycles est plus facile car en plus du coût accessible, cela me permet de prendre mes marchandises facilement et de me rendre au marché ». Elle ajoute que les taxi-motos lui permettent d’être autonome et d’avoir une liberté d’organisation de ses activités. De plus, elle affirme que dans certains quartiers périphériques de Bobo, en dehors des tricycles, les autres moyens de transports ne peuvent pas y accéder. Pour une frange de la population, les taxi-motos sont un moyen de transport plutôt dangereux. Car ils exposent les usagers aux risques d’accidents. Omar Sawadogo, un démarcheur, avoue qu’il a interdit à sa femme d’emprunter les taxi-motos. ‹‹Je lui ai dit de prendre la moto si elle veut se déplacer et si elle s’entête à prendre les tricycles, en cas d’accident, je n’allais pas prendre soin d’elle », confie-t-il. Pour ce dernier, le taxi-moto est un moyen de transport plus prisé par les femmes. Même pour les évènements sociaux, elles préfèrent les tricycles. Pourtant s’il y a des surcharges, le tricycle peut perdre facilement l’équilibre et se renverser ; créant ainsi des blessures souvent graves. En plus de cela, Omar estime que certains conducteurs de ces engins consomment des stupéfiants qui les mettent hors d’eux-mêmes, circulant mal et pouvant provoquer des accidents graves.

Ben Alassane DAO

Zuwabwo F. Esther TIBIRI (stagiaire)