Burkina Faso, Mali et Niger, tous de rouge «vêtus»

Le ministère français des Affaires étrangères met en garde les ressortissants français voulant visiter le Burkina Faso, le Mali ou le Niger ou qui y résident, à limiter leurs déplacements. C’est ainsi qu’après l’assassinat des six humanitaires à quelques kilomètres de Niamey la capitale, désormais, c’est cette seule ville qui est peinte en orange. Au Burkina Faso, après les villes du Nord, ce sont celles du Sud du pays qui sont en vigilance rouge. Autrement dit, le Quai d’Orsay (ministère français des Affaires étrangères) déconseille formellement à ses ressortissants de s’y rendre. Seules les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso sont en vigilance orange. Quant au Mali, il y a de cela fort longtemps que seule Bamako la capitale était seulement en orange. De quoi énerver les ressortissants de ces trois pays qui voient ainsi leurs efforts contre le terrorisme fondre comme de la neige au soleil.

Mais en vérité, le ministère français est dans son rôle. Celui de protéger les ressortissants français partout où ils se trouvent. Ici, il se trouve que les zones déconseillées aux ressortissants sont des zones à grands risques d’insécurité. Au Sud du Burkina Faso, de plus en plus, des menaces d’attaques terroristes sont signalées. Notamment entre les frontières du pays avec ses voisins dont la Côte d’Ivoire et le Ghana. Avec la Côte d’Ivoire, il y a eu des opérations militaires conjointes. Il y a aussi eu des attaques, dont celle de Dafolo qui avait fait une dizaine de morts dans les camps de l’armée ivoirienne.

En effet, si les Burkinabè, Maliens et Nigériens veulent que la France recolore leur pays en blanc, il leur revient de se battre pour mettre les terroristes hors d’état de nuire. D’abord en sécurisant et en protégeant leurs propres populations. Puis, en évitant aussi les déplacements de populations à l’intérieur du pays. Tant que cela n’est pas fait, nul besoin d’en vouloir à la France ni à aucun autre pays occidental dont la mission est de protéger ses ressortissants.

Au Sommet de Pau en janvier dernier, il avait été question de clarifier les positions et d’intensifier la coopération dans la lutte contre le terrorisme entre les pays du G5 Sahel et la France. Que devaient accompagner certaines organisations et des pays occidentaux. Si après tout cela, le terrorisme gagne du terrain, on est en droit de se poser la question de savoir si les positions ont été suffisamment clarifiées. Si tel a été le cas, on peut poursuivre en s’interrogeant si chaque partie a bien joué ou joue bien son rôle ?

En tout cas, pour ce qui concerne le G5 Sahel, on en entend peu parler tant sur le simple plan médiatique que sur le plan des actions de lutte contre le terrorisme qu’il devait engager. On a même aussi l’intention que la force française Barkhane a baissé d’intensité. Est-ce à dire qu’on s’est rendu compte que la lutte contre le terrorisme devait s’orienter autrement ?

Dabaoué Audrianne KANI

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