
La tabaski approche à grand pas. A Bobo-Dioulasso, les vendeurs de moutons sillonnent les rues, ou sont installés aux abords des voies à la recherche de clients. Dans la matinée du lundi 2 juin 2025 une équipe de l’Express du Faso a fait le tour de la ville pour toucher du doigt les réalités du marché de ce ruminant.
Dans les rues de Bobo-Dioulasso l’ambiance a changé. On remarque plus de vendeurs aux abords des voies. La plupart sont des vendeurs de moutons. C’est le cas du Pont d’Accart-ville qui est devenu un petit marché à bétail circonstanciel pour ces vendeurs. De loin on aperçoit des toisons blancs alignés au bord du goudron. Lorsqu’on se rapproche on est distrait par les appels des vendeurs qui essayent d’attirer notre attention. Certains passants curieux s’arrêtent pour discuter des prix avec ces derniers. Pour certains vendeurs, c’est l’occasion de vendre rapidement. En ce qui concerne les prix, ils sont abordables, selon eux. Lassina Koté, l’un d’entre eux, installé sur le pont d’Accart-ville nous renseigne que « mes moutons viennent de Fada. Les prix sont à partir de 125 000 FCFA. Le problème pour lui est que leur aliment coûte très chère. Mais malgré tout, le prix du mouton est abordable surtout en ces périodes de fête parce que d’habitude ce n’est pas comme ça », lance-t-il. Abdoul Razak Demé, vendeur de moutons à Farakan, ajoute « qu’actuellement il n’y a pas trop de moutons. Mais les prix sont très bas. Mes moutons viennent de Dori, Ouahigouya, Nouna. C’est à cause de la fête que nous sommes ici. Après la fête, on nettoie les lieux et on retourne à l’abattoir », rassure-t-il. Toutefois, cette présence des vendeurs de moutons aux abords des goudrons n’est pas appréciée par les autorités.
« Le marché à bétail est plein… »
En effet, il y a un marché dans la ville réservé uniquement à la vente de bétails. Selon certains vendeurs, le marché à bétail est plein et il est difficile de s’y installer et de se faire des clients. Ils préfèrent alors exposer leur bétail dans les rues pour espérer les écouler rapidement. « Parfois les policiers nous disent de payer des amendes car pour eux, on n’a pas d’autorisation. A bobo ici, il n’y a qu’un seul marché à bétail et il est difficile pour tous les vendeurs de vendre là-bas pour des raisons de place. C’est pourquoi je vends au bord de la voie pour que les habitants de ce quartier puissent avoir le mouton facilement sans se déplacer », nous explique Lassina Koté. Les vendeurs se ravitaillent dans les différentes localités du Burkina Faso. Cependant, au regard de la situation sécuritaire, certaines localités sont difficiles d’accès. D’autres vendeurs nous confient qu’ils sont là uniquement pour la fête et qu’ils regagneront leur marché après l’Aïd El Kébir. C’est le cas de Issa Ouattara, lui aussi vendeur de moutons. Il dit « qu’avant la fête, le mouton était plus cher. Comme on est dans la vente depuis longtemps on comprend mieux la situation. Nous ne sommes pas autorisés à vendre ici, mais comme c’est pour un bout de temps, ils nous laissent vendre et après la fête on retourne dans nos marchés habituels. Comme c’est pour un bout de temps on nous laisse, sinon nous même on sait que ce n’est pas permis ». D’un autre côté, fermer les yeux sur les agissements de ces vendeurs de bétails est un danger pour les hommes. Car ils s’arrêtent n’importe où et n’importe comment dans le seul but d’attirer la clientèle. Par exemple, lorsque nous empruntons la voie menant au quartier Farakan, nous apercevons des vendeurs, installés à côté du centre médical urbain dudit quartier où les moutons côtoient facilement les malades ou tout autre usager de ce lieu tel que les accompagnants ou le personnel soignant. Non seulement, ce n’est pas hygiénique pour les patients et les nouveaux nés, mais cela peut être une cause d’insalubrité dans le quartier, surtout après une pluie.
Patendé Prisca TIENDREBEOGO
Fatimata Sakinatou TRAORE/Stagiaires