Chefferie de file de l’opposition politique, le fauteuil maudit ?

Tous les leaders politiques de l’opposition politique qui ont occupé le fauteuil de Chef de file de l’opposition politique au Burkina ne sont jamais rien devenus ; politiquement parlant. Pire, ils ont tous connus des descentes aux enfers, les unes plus rocambolesques que les autres. Le dernier cas est celui de Zéphirin Diabré qui, de la deuxième force politique en 2015 avec 33 députés et arrivé deuxième avec 29,65 % de voix après le candidat Roch Marc Christian Kaboré à la présidentielle de la même année doit désormais se contenter d’une petite douzaine de députés et de la quatrième place. Il a remplacé Maître Bénéwendé Stanislas Sankara à ce poste qui, n’eut été l’insurrection populaire, ne serait jamais parvenu à la deuxième vice-présidence de l’Assemblée nationale. La preuve en est que cinq ans après, il pourrait être détrôné par le Nouveau Temps pour la démocratie (NTD) de Vincent Dabilgou. En tout cas si on doit respecter l’ordre d’arrivée et l’importance de chaque parti de la mouvance présidentielle après ces législatives. A la Chefferie de file de l’opposition politique, Maître Sankara avait remplacé Gilbert Noël Ouédraogo qui, lui aussi, n’eut été son ralliement au pouvoir de Blaise Compaoré, serait difficilement devenu ministre. Aujourd’hui, son parti broie du noir. Au sortir des législatives, il doit se contenter de seulement trois postes de députés. A la présidentielle, lui-même candidat n’a obtenu que quelques 1,55 % des voix.

Autant dire que le fauteuil de chef de file de l’opposition politique n’a jamais souri à son occupant ? Même si Eddie Komboïgo peut créer la différence, force est de reconnaître que la tâche lui sera difficile. Au Burkina Faso, ils sont très peu les militants qui aiment rester dans l’opposition. Pour beaucoup d’entre eux, ça ne rapporte rien.

Pire, les pouvoirs en place n’ont jamais rien fait pour permettre à l’opposition de travailler sérieusement pour être une force politique d’alternance.

C’est dire qu’à la Chefferie de chef de l’opposition, Eddie Komboïgo doit faire face, très prochainement à une probable saignée au sein de son parti. Immanquablement, des militants et non des moindres seront démarchés et débauchés par la majorité au pouvoir. En outre, le fait que c’est le Congrès pour la démocratie et le progrès (parti de Blaise Compaoré), il fera l’objet d’attaques de tout genre. La peur pour de nombreux Burkinabè de la majorité (Maître Sankara l’a d’ailleurs dit pendant la campagne quand il craignait pour son sort si jamais le CDP revenait au pouvoir) du retour du CDP au pouvoir fera de lui, la bête à abattre.

Par contre, si politiquement il arrive à réunir autour de lui, tous ces partis et candidat qui ont échoué et qui voudront sérieusement faire carrière en politique, il pourra tirer son épingle du jeu. Mais cela ne suffit, il lui faudra présenter une offre politique plus convaincante en sachant se saisir des failles et des erreurs que ne manquera pas de commettre le pouvoir en place. Sans exagérer. Parce que celui-ci n’est pas prêt de quitter le pouvoir en 2025.

Dabaoué Audrianne KANI

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