Comité de pétition du 11 décembre 2020 : ‘‘Il est souhaitable de reporter les festivités du 11 décembre 2020 à Banfora. Pourquoi ?’’

Monsieur le Président du Faso. Nous avons l’honneur de présenter cette pétition à votre Excellence, pour demander le report des manifestations du 11 décembre 2020 prévues à Banfora, au 11 décembre 2021. Les filles et fils de la région des Cascades ont tous applaudi quand le gouvernement a décidé d’organiser les festivités du 11 décembre 2020 à Banfora. Ils l’ont fait avec d’autant plus d’enthousiasme que cette date correspond au soixantième anniversaire de l’indépendance de notre pays. Ils demeurent tous attachés au projet, et engagés pour que l’évènement connaisse un succès éclatant. Mais cette année, les conditions ne sont pas réunies pour qu’il atteigne le but recherché. Il est souhaitable de reporter les festivités du 11 décembre 2020 au 11 décembre 2021, à Banfora.

Au vu du contexte et de l’avancement insuffisant des préparatifs, des fils et filles de la région mènent une réflexion depuis l’apparition de la COVID19 en mars 2020, sur l’opportunité de maintenir ces festivités pour cette année. Plusieurs membres du groupe de réflexion appartiennent aux structures d’organisation des festivités. Ils sont  parvenus à la conclusion qu’il serait plus avisé et sage de reporter la manifestation au 11 décembre 2021 à Banfora. C’est aussi l’avis de nombreux autres citoyens burkinabè. La maintenir pour cette année ne serait, ni raisonnable, ni réaliste, ni responsable. En voici les raisons.1.

Le contexte est défavorable              

Le contexte de cette année est peu propice aux grandes célébrations, sous forme de manifestations. Les ravages de la COVID19, une pandémie que nul ne pouvait prévoir, affectent les populations partout dans le monde, et aucun pays, même parmi les plus développés au plan scientifique et des soins de santé, ne parvient à anticiper ou à arrêter ses développements. Ce facteur a amené le gouvernement burkinabè à reporter toutes les manifestations d’envergure prévues cette année. Il l’a fait en toute responsabilité, comme tous les Etats, petits ou grands à travers le monde, à juste raison.

La SNC, le SIAO, le Tour du Faso, ont tous pour l’unique et même raison, été annulés. Quant au prochain FESPACO, on ne sait pas s’il se tiendra. Le CORONA VIRUS serait-il donc dangereux et destructeur pour tout le monde sur la planète, sauf pour les populations des Cascades ? Autour du Burkina Faso, tous les autres Etats ont annulé de telles manifestations cette année, et les ont reportées à 2021. A la place, des prises d’armes sont organisées dans les capitales.

Le contexte, c’est ensuite la campagne pour les élections présidentielle et législatives. Il est regrettable que l’on n’ait pas beaucoup réfléchi à cette donnée au moment de prendre la décision de célébrer le 11 décembre 2020 à Banfora. L’ambiance qui entoure les consultations électorales nationales  cette année, n’est pas propice à l’organisation de cette manifestation à la même période. Il n’y a plus grand monde, en dehors des organisateurs et du gouvernement- et encore-qui depuis déjà deux mois, ait l’esprit à autre chose qu’aux élections du 22 novembre. Et il suffirait qu’il y ait un second tour à la présidentielle pour que tout soit chamboulé. De toute façon, les procédures peuvent amener l’investiture du nouveau Président du Faso, à coïncider avec les manifestations du 11 décembre. Les incertitudes sont grandes dans un tel contexte.

Le troisième point du contexte est d’ordre sécuritaire. L’Etat lui-même, les autorités locales et les ressortissants des Cascades, devraient faire preuve de lucidité et de responsabilité à cet égard. Nous ne pouvons pas être irresponsables au point de mettre de côté la sécurité et la vie des populations des Cascades, pour ne considérer que la satisfaction que nous, gouvernement, gouverneur, députés, hauts commissaires, intellectuels et cadres des Cascades, auront de savoir que nous avons, contre vents et marées, “réussi à organiser la fête“ du 11 décembre 2020. Il y a encore un an, aux Cascades, nous nous considérions comme très éloignés du champ d’opérations des terroristes. Tel n’est plus le cas aujourd’hui. Yendéré, Mangodara, Siniana à 5 km de Banfora, Sidéradougou, Tiéfora, Ouangolodougou-Burkina, Dagbandougou, ont été attaqués. Il y a eu des morts à Moussodougou. La forêt de la Comoé au Nord de la Côte d’ivoire, où sévissent les terroristes et où les FDS burkinabè sont intervenues, est à moins de cent cinquante kilomètres de Banfora. Que fera-t-on en cas d’attaque terroriste pendant la célébration ? Un report d’un an permettrait de préparer le 11 décembre, en intégrant dans les prévisions, la donne sécuritaire. Tel n’est pas suffisamment le cas actuellement. Une quatrième source de perturbations potentielles menace la sérénité des manifestations : la situation en Côte d’Ivoire. Chaque fois que des troubles ont éclaté dans ce pays voisin, les Cascades en ont souffert du fait de la contiguïté territoriale. La situation actuelle en Côte d’Ivoire, liée aux suites de l’élection présidentielle contestée, soulève légitimement beaucoup d’inquiétudes dans ce pays, mais aussi chez nous. D’éventuels troubles provoqueraient indubitablement le repli d’Ivoiriens, de Burkinabè, de Maliens et de Nigériens dans la zone de Banfora. Son ampleur et ses effets ne sont pas prévisibles. Si d’éventuels troubles se produisent, le 11 décembre ne sera pas à l’abri.2.

Les infrastructures et les équipements ne sont pas prêts pour le 11 décembre 2020.              

Point essentiel : qu’est- ce qui est prêt pour la fête à Banfora ? Rien, sinon presque. La ville est actuellement quadrillée de caniveaux béants, dont beaucoup n’auront pas le temps d’être comblés de manière adéquate avant le 11 décembre. Pas un kilomètre de goudron n’est posé, ni à Banfora, ni à Sindou, ni à Niangologo. Et si on faisait du forcing pendant les dernières semaines, ce goudron ne tiendra pas longtemps. Ce n’est pas le but recherché. Seules de rares villas de la cité du 11 décembre sont prêtes, et le chantier est actuellement quasiment déserté. La salle polyvalente n’est pas réellement achevée, et les travaux de finition demanderont encore du temps, s’ils doivent être de qualité. Les travaux du stade se poursuivent nuit et jour dans des conditions peu propices à la solidité et à la qualité des installations. A l’aérodrome de Nafona où le Président du Faso atterrira, aucun aménagement n’a commencé ; pas une pierre n’a bougé. Les fondations de l’auberge du 11 décembre n’ont pas encore été creusées : le projet est bloqué. Les chefs terriens de Kiribina ont adressé le 12 octobre une lettre au maire de la commune de Banfora pour dire leur opposition au projet, déclarant n’avoir pas été consultés.

Considérations d’ensemble et perspectives

Le 11 décembre, anniversaire de la proclamation de la République, a été depuis longtemps, conventionnellement choisi pour commémorer l’accession du Burkina Faso à l’indépendance. Chaque année, la région qui en est le site arrêté par le gouvernement pour abriter la manifestation, est fière de cette décision. C’est le cas des Cascades. Mais pour notre région, il ne suffira pas d’accueillir l’évènement cette année. Nous ne souhaitons pas faire une fête pour la fête. Il nous faut une célébration exemplaire, qui dépasse la fête d’autres régions. Il faut que la célébration en soit une, qu’elle corresponde à quelque chose, et que nous en soyons fiers, car les populations des Cascades seront les bénéficiaires et les premiers concernés. Les infrastructures et les équipements prévus doivent être tous prêts à la date du 11 décembre, et de grande qualité. Il est important qu’elle soit organisée et qu’elle se tienne dans de bonnes conditions. Il est indispensable que toutes les précautions pour la sécurité soient prises avec le gouvernement et les forces de défense et de sécurité. Il nous faut par ailleurs éviter de ressembler à certaines autres régions où les villas, les routes prévus, et les autres infrastructures ont été, soit édifiés dans la précipitation, soit inaugurés un ou deux ans après le 11 décembre 2020, ce qui n’a plus aucun sens. Les Cascades méritent bien mieux que ce genre de bricolage. Ce n’est pas particulièrement avisé de dire que l’essentiel, c’est la Place pour la prise d’armes, l’aire du défilé, et la salle polyvalente, comme dans d’autres régions. Si nous devons prendre d’autres références, ce doit être celles qui ont bien réussi, comme Manga.Cette pétition a pour but d’obtenir de votre Excellence et du gouvernement, le report des manifestations du 11 décembre 2020 au 11 décembre 2021, comme ce fut pour Koudougou en 2011 et Kaya en 2015. La fête fut reportée 2012 et en 2016. Organiser la fête n’est pas une fin en soi. Il est préférable de l’organiser en 2021 dans de bonnes conditions, plutôt que de le faire cette année, sans égard à ce qu’elle va signifier et à ce qu’elle vaudra pour les populations des Cascades. Nous en appelons à votre compréhension : les populations des Cascades vous en seront infiniment reconnaissantes. La liste des pétitionnaires est dressée au fur et à mesure ; elle comprend de nombreux signataires qui seront communiquée à votre cabinet.Veuillez agréer, Monsieur le Président du Faso, l’expression de notre très haute considération, et de notre profond respect.

  Banfora le, ………. 2020

Numéros de contacts:

-Traoré Mélégué-76 08 61 71

WATTSAP-78 83 72 72 – 70 20 01 09

Mail : bougoula.melegue@yahoo.fr

-Mme Vicens/Sagnon Fatimata :

70 25 39 99

Mail : faty.vicens@gmail.com

-Hema Belo : 70 52 00 35 /74 06 48 45

Mail : hemabelo 2009@gmail.com 

Copies:

– Premier ministre

-MATDC

– Gouverneur des Cascades

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