Construction de la démocratie : La contribution des médias selon Christophe Dabiré

« Par ailleurs, les droits humains et les libertés, constituent des éléments incontournables de la construction de la démocratie. Leur promotion fera l’objet d’une attention particulière. Il en sera de même, pour la préservation de la dignité humaine, notamment pour toutes les personnes en situation de conflit avec la loi». C’est ce qu’a affirmé le Premier ministre dans sa déclaration de politique générale devant la Représentation nationale. Deux phrases plus loin, il inclut les médias en disant : « En outre, je réaffirme mon attachement au respect des libertés individuelles et collectives, ainsi que la liberté de la presse que je vais travailler à consolider». Le Premier ministre burkinabé affirme bien qu’il va travailler à consolider la liberté de la presse. Ce n’est pas une petite déclaration de la part d’un Premier ministre et il convient d’y mettre l’accent, car on ne peut travailler à consolider un corps de métier comme la presse dans le sens de la liberté d’expression sans la participation des journalistes eux-mêmes. Qu’est ce à dire Monsieur le Premier ministre, que vous allez y travailler ? Des précisions ne seraient pas de trop. La fenêtre que vous venez d’ouvrir en parlant une fois de plus en faveur des médias (ce n’est pas nouveau), poussera à faire des propositions pratiques émanant de ceux qui travaillent déjà à cela? On s’attend de ce fait à une implication des médias dans la mise en œuvre de votre action à la tête du gouvernement. Voici comment nous comprenons cela. Notre Premier ministre veut que la presse s’exprime librement et fasse son travail, car sa contribution est essentielle dans la construction d’un Etat de droit au Burkina Faso. C’est d’ailleurs dit dans le texte : « Dans le domaine des médias, dont je salue la contribution positive dans l’édification de la démocratie burkinabè, le Gouvernement continuera à accompagner le développement de leurs entreprises grâce au Fonds d’appui à la presse privée, créé à cet effet». Ce travail se fait déjà en effet, dans une certaine mesure. Mais ce Fonds, disent les medias, n’a jamais suffit (on sait que ce n’est pas sa vocation de tout faire, mais d’aider), ne suffira plus pour atteindre cet objectif s’il n’est pas revu à la hausse. Et il y’a certainement plus à faire. Vos services seraient bien éclairés de s’instruire sur le terrain par rapport au sujet. Afin que «l’ensemble des médias contribuent, en toute responsabilité et professionnalisme, à la promotion de nos valeurs citoyennes», comme vous le souhaitez. Commencez par ceci qui en convaincra plus d’un : que les scandales mis au jour par l’éclairage des journalistes ne restent pas sans suite. Un exemple à donner comme signal fort vers la justice indépendante. Comment ? Vous le savez mieux que nous !

Sibiri SANOU

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