Dans les coulisses du palais : Le disciple du marabout et le verdict du tribunal

Dans la salle d’audience du palais de justice de Bobo-Dioulasso, il se passe souvent des choses impressionnantes hormis les faits du jugement. Il n’est pas rare de constater que des faits divers se passent lors des procès. Ainsi, un cas s’est produit antérieurement lors d’un procès impliquant un célèbre marabout de Bobo-Dioulasso.

Ce dernier comparait à la barre ce jour pour répondre des faits que le parquet lui reproche. Du fait de sa notoriété, ses disciples se mobilisent pour assister au jugement. Ce jour-là, la salle d’audience était pleine de monde, personne ne voulait se faire conter. Et le procès démarre à 08 heures.

Dans la salle, la majorité des disciples du marabout tenait chacun un chapelet, certainement pour invoquer Dieu afin que la sentence soit favorable à leur maître. A un moment donné, l’un d’entre eux multipliait les va-et-vient, tenant un long chapelet en main. Ce qui attire l’attention du président du tribunal dans la salle. Néanmoins, les débats se poursuivent afin de terminer le dossier du marabout pendant que le disciple en question continue aussi ses invocations.

Lorsque les débats prennent fin, le procureur fait ses réquisitions. Le tribunal va suspendre l’audience en quelques minutes pour pouvoir délibérer. De retour dans la salle de délibéré, le tribunal prononce son verdict qui sera moins sévère par rapport aux réquisitions du parquet. Comme la décision est un peu favorable, le disciple a cru que c’est le fruit de ses invocations, le conduisant ainsi à manifester ouvertement sa joie dans la salle.

Le président du tribunal l’ayant constaté, lui fait savoir que ce ne sont pas ses invocations qui ont motivé cette décision, mais qu’elle est plutôt souveraine et indépendante. En dernier mot, le président affirme ceci devant l’assistance : « Ce n’est ni le « Wak », ni les invocations qui ont influencé sur notre décision. C’est le tribunal qui a décidé sur la base des arguments de droit qu’il détient, inutile de penser à ces choses ». Après que le président ait tenu ces propos, la salle se vide immédiatement pour continuer les commentaires dehors.

Ben Alassane DAO

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