Fertilisation de l’ananas au Sahel :la ferme Djoda dévoile ses résultats révolutionnaires

La filière ananas pourrait bien devenir l’un des nouveaux moteurs agricoles du Burkina Faso. Le vendredi 14 novembre 2025, la ferme Djoda, dirigée par le promoteur Oumarou Compaoré, a accueilli autorités, producteurs et futurs acteurs de la filière pour la présentation des résultats d’un vaste test de fertilisation mené depuis plusieurs années.

 

Pour Oumarou Compaoré, l’objectif est clair depuis plus de deux décennies : adapter la production de l’ananas aux conditions climatiques du Sahel. « Depuis l’an 2000, la ferme s’est donné pour mission de trouver des formules d’engrais adaptées à notre climat, différent de celui des pays voisins. Nous poursuivons ce processus et améliorons les formules obtenues », a-t-il expliqué. Cette année, la ferme a testé cinq formules de fertilisation, certaines déjà présentes sur le marché, d’autres mises au point par la ferme elle-même. Le but : identifier la composition la mieux adaptée aux réalités du Burkina Faso.

Les résultats sont plus qu’encourageants

« Nous avons obtenu plus de 85 tonnes à l’hectare, et même sans fertilisation, un test particulier a donné 43 tonnes. Cela prouve que l’ananas burkinabè n’est pas une illusion », souligne le promoteur. Au-delà du volume, les participants ont pu constater la qualité gustative, la saveur et la taille des fruits, unanimement saluées. La ferme Djoda se positionne désormais comme un acteur central de la relance de la filière ananas. « Tout ce que vous voyez ici est le fruit de notre production et l’activité s’autofinance. Si ce n’était pas rentable, nous ne serions pas arrivés à ce niveau », affirme Compaoré. Déjà, plusieurs producteurs accompagnés par la ferme connaissent de bons résultats et agrandissent leurs superficies. Deux coopératives ont été structurées : Faso Djabibi Centre et Faso Djabibi Ouest, regroupant plus de 80 producteurs et un potentiel de 1 000 hectares non exploités.

Parallèlement, des industries se montrent intéressées

« De grandes usines nous ont approchés. La transformation à grande échelle démarre dès la semaine prochaine. Nous sommes très loin de satisfaire la demande du marché », assure le promoteur. Et d’ajouter : « avec la qualité compétitive que nous avons obtenue, le Burkina pourrait envisager l’exportation d’ici un ou deux ans ».

Présent à la cérémonie, Éric Pascal Adanabou, Directeur régional de l’agriculture du Guiriko, a salué le travail du promoteur et l’importance croissante de la filière. « Oumarou Compaoré est un producteur complet. À chaque visite, nous sommes impressionnés. L’essentiel pour nous, c’est de montrer que tout pousse ici au Burkina Faso », a-t-il déclaré.

Le ministère mise désormais sur les cultures spécifiques, dont l’ananas capable d’atteindre 90 tonnes à l’hectare. « Nous organisons les producteurs en coopératives pour renforcer la production et les appuyer techniquement. Cette année, nous avons mis à disposition, des rejets pour soutenir la filière. Une centaine d’hectares a été installée dans la région du Guiriko et d’autres zones », a indiqué le Directeur régional. Il note également que le goût de l’ananas burkinabè possède une saveur particulière, un avantage qui pourrait positionner le pays sur le marché international. Entre les recherches agronomiques, l’engagement des producteurs et l’intérêt des industriels, les bases d’une véritable filière nationale de l’ananas se dessinent.

Un rêve en train de devenir réalité, porté par la ferme Djoda et soutenu par les autorités en charge de l’agriculture.

Aymeric KANI