Gaz dans les véhicules, il faut passer à la répression

On aurait certainement pu éviter cet incident grave et épargner des vies humaines si des mesures avaient été prises pour éviter la présence de produits inflammables dans ce car. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Ainsi, six personnes sont mortes brûlées et quatorze autres blessées, grièvement, ce vendredi 27 novembre. Pour l’instant, il serait hasardeux d’affirmer de façon péremptoire que le car qui transportait des passagers utilisait du gaz butane comme source d’énergie. Par contre, ce qu’on peut aussi affirmer avec certitude c’est que depuis plusieurs années au Burkina Faso, le gaz butane est devenu, une source d’énergie (en lieu et place de l’essence et du gasoil). Des taxis aux véhicules privés, on en utilise fréquemment au vu et au su de tous. Et ce, malgré la mesure portant sur son interdiction comme source d’énergie.

Si au début de cette mesure d’interdiction, des actions de sensibilisation puis de répression ont été engagées, depuis plus rien. Donnant l’impression que son utilisation est homologuée au Burkina. Et pourtant ! Ce grave accident vient nous rappeler que la sensibilisation et la répression doivent se poursuivre.

Au Burkina Faso (c’est le lieu de le dire), il existe une panoplie de mesures, de textes et de lois en matière de circulation routière. Malheureusement, ils sont très peu mis en œuvre, donc non respectés. C’est entre autres, de l’interdiction du transport de passagers par les tricycles ; de la circulation des mêmes engins après 20 heures ; la limitation de vitesse ou le plombage des véhicules de transport en commun ; le nombre de passagers dans les cars ; l’interdiction du transport mixte ; le port obligatoire du casque par les motocyclistes dans la circulation routière. Bref, la liste est longue.

Aussi, pour une circulation routière plus sécurisée pour les usagers, il est impératif de prendre vraiment des dispositions pour l’application de ces mesures. Il n’est pas interdit de faire le bien de quelqu’un contre son gré. Du reste, l’Etat n’a pas nécessairement besoin de l’avis des usagers de la circulation pour prendre des dispositions afin d’assurer leur sécurité. Cet énième accident dû à l’imprudence des hommes qu’on pouvait éviter, vient rappeler à tous, la nécessité de l’observance de mesures souvent très simples afin de sauver des vies. Ça relève tout simplement du bon sens et de la responsabilité individuelle et collective de chacun de nous.

En effet, les Burkinabé ne doivent pas toujours attendre de l’Etat qu’il vienne faire à leur place ce qu’ils peuvent faire. Ils ne doivent pas non plus l’obliger à prendre des mesures coercitives contre eux, alors qu’ils peuvent s’auto-discipliner. On ne peut pas construire une nation dans le désordre, encore moins dans la répression permanente. La démocratie et la liberté que nous voulons, pour lesquelles chacun se bat, ne sont pas synonymes d’incivisme, d’indiscipline ou de bafouement de l’autorité de l’Etat. Au contraire, elles exigent de chacun de nous autant de droits que de devoirs.

Dabaoué Audrianne KANI

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