Guerre au Moyen-Orient : la grande Amérique dans le piège iranien

Qui l’aurait cru ! La grande et puissante Amérique, notamment sur le plan militaire, est entrée en négociation pour faire la paix avec l’Iran. Après avoir accepté un cessez-le-feu de deux semaines. C’est la preuve que quelle que soit la puissance militaire d’un pays, le dialogue demeure l’arme des plus forts. Tout conflit armé, quelles que soient les raisons qui peuvent l’expliquer, finit toujours autour d’une table de négociation. L’Amérique, assise à la même table que l’Iran qu’on pensait qu’elle allait faire d’une bouchée. Si ce n’est de l’humiliation, ça y ressemble.

Aussi, beaucoup d’observateurs estiment que le vrai vainqueur de ce conflit absurde ce sont les Gardiens de la Révolution iranienne et non l’armée américaine après ces milliers de bombes lancées sur l’Iran. Autant l’Amérique et l’Israël ne sont pas parvenus militairement à faire capituler l’Iran, autant ils ne pourront lui imposer tout ce qu’ils veulent.

La preuve est que les négociations ont été interrompues parce l’Amérique croyait encore pouvoir faire avaler à l’Iran tout ce qu’elle veut. Une fois de plus,
l’Iran est dans une bonne posture. Tout retour à la guerre sera mal compris car s’en sera de trop. Qu’elle le veuille ou pas, l’Amérique sera obligée de faire des concessions. Et l’Iran sortira grandie. Elle aura réussi à faire plier l’Amérique non seulement sur le plan militaire à abandonner l’option de la guerre, mais aussi à lui concéder sa vision politique, de pays qui a choisi son indépendance. Le rendant ainsi plus stratégique et plus incontournable dans le Moyen-Orient où plus que jamais, les pays du Golfe doivent composer avec. L’Amérique n’est pas sortie grande ou plus puissante de cette guerre. L’Iran est en train de démontrer que malgré tout, il pouvait résister devant la première puissante militaire au monde. Tant sur le plan militaire que sur le plan de la solidarité et de la cohésion de son peuple. Le pays des Ayatollahs sort (même si les négociations à Islamabad au Pakistan sont interrompues) plus renforcé et plus conscient de la nécessité de rassembler son peuple autour de sa vision. C’est une belle leçon de résistance et d’unité que les Iraniens donnent à tous les peuples à travers le monde. L’armée la plus puissance ne peut rien face à un peuple mobilisé, engagé et uni pour défendre sa liberté, sa souveraineté et son indépendance. L’Amérique, grande puissance militaire, économique, culturelle et on en oublie, qui devrait protéger le monde entier, est devenue après cette guerre l’Amérique fossoyeuse de l’ordre mondial. En tout cas, c’est ce qu’il a été donné de constater. Si la puissance d’un pays doit consister à propager la pauvreté y compris pour ses propres populations, elle ne sert à rien. L’essence et le gaz coûtent aujourd’hui plus chers dans presque tous les pays du monde, y compris en Amérique. Les prix de certaines marchandises de grande consommation ont connu ou connaitront des hausses parce que le traficmaritime a été désarticulé. Et personne ne sait jusqu’à quand tout cela va-t-il durer. La guerre au Moyen-Orient n’a pas profité à l’Amérique. Peut-être elle l’a été pour Donald Trump même s’il risque de faire face aux Démocrates qui demandent sa destitution et à une opinion américaine plus opposée à sa conduite des affaires du pays.

Dabaoué Audrianne KANI