Hissène Habré : De la prison à la tombe

La mort de l’ex-président tchadien Hissène Habré crève la toile. On en parle depuis ce mardi midi du 24 août 2021 sur tous les sites d’information africains, francophones et au-delà. Preuve qu’il était devenu un des prisonniers les plus célèbres du monde, après un procès sans précédant qui le condamna à la prison à vie!

Le Coronavirus lui aura infligé la peine capitale, lui qui fut reconnu responsable de la mort de plusieurs milliers de ses concitoyens opposés à son dure régime qualifié de dictatorial. Habré a régné sans partage sur le Tchad de 1982  à 1990. Ce temps aura suffit pour qu’on comptabilise près de 40.000 victimes, assassinées sous son régime par une police politique sans pitié acquise à sa cause. En 2016, son procès qui a lieu à Dakar au Sénégal, son pays hôte après qu’il fut chassé du pouvoir par Idriss Déby, a fait de lui le premier président africain qui aura été jugé sous le régime de la compétence universelle. Il avait bénéficié d’une autorisation médicale lui permettant de se soigner hors des murs de sa prison, mais le Coronavirus aura eu le dernier mot.

Il est mort donc, le dictateur dont les parents de victimes ont longtemps réclamé la tête, ainsi qu’un dédommagement qui tardait à venir et que l’ex-président se déclarait de toute façon incapable de payer personnellement. L’histoire de l’homme Habré commence un certain jour de 1942 à Faya Largeau dans le nord du pays, où il nait et grandit dans le désert du Djourab. Brillant élève, il aura l’opportunité de faire de bonnes études en France à partir de 1963 avant de revenir au pays en 1971. Sa carrière sera essentiellement politico-militaire. Fondateur de l’armée tchadienne, Premier ministre, chef de rébellion militaire. Il rentre dans Ndjamena à la tête de ses soldats en 1982 pour renverser le président Goukouni Weddeye.

Il sera à son tour renversé en 1990 par Idriss Déby. Pendant 20 ans, Hissène Habré jouira d’un exil doré dans son pays d’accueil jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Me Abdoulaye Wade qui permit son arrestation en 2013. Il sera jugé et incarcéré au Sénegal par un tribunal africain en 2016. Pour les victimes de son régime, c’est ”un des dictateurs les plus sanguinaires de l’humanité” qui vient de mourir ce mardi 24 août dans un hôpital de la capitale sénégalaise.

Mais le président actuel du Tchad, Mahamat Déby, fils de celui qui l’a renversé, a adressé des mots de condoléances compatissants à sa famille, à l’annonce de sa mort: “À Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons”, ainsi s’est-il exprimé sur Twitter.

Sibiri SANOU

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