La route nationale numéro 8, reliant Bobo-Dioulasso-Orodara-Koloko-frontière du Mali, est dans un état de dégradation avancée. Sa réhabilitation a été annoncée par le gouvernement, mais pour l’instant, emprunter ce tronçon, relève d’un parcours de combattant, surtout en cette période de pluie. Nous avons fait le désolant constat en cette journée du 25 juin 2022.
7 heures du matin, sous un ciel couvert et de fines gouttelettes de pluie, nous enfourchons notre moto, direction Orodara, située à 76 km de Bobo-Dioulasso, en passant par la route nationale n°8. Cette route nationale est distante de 125 kilomètres et prend son départ à Bobo-Dioulasso à l’intersection du rond-point Thomas Sankara. Elle passe par Orodara, chef-lieu de la province du 

Quand le mauvais état de la route impacte l’écoulement des mangues
La ville de Orodara est surnommée, «Verger du Burkina». Elle tire ce surnom du fait de la multiplicité des vergers de manguiers qu’elle abrite. Mais de plus en plus, les producteurs de mangues à Orodara ont du mal à écouler leur produit. Dans les différents vergers que nous avons visités à Orodara, des mangues étaient en état de putréfaction, faute de preneurs. Après une discussion avec des acteurs du domaine, ces derniers nous confieront que le mauvais état de la RN8 y est pour quelque chose. En effet, bon nombre de transporteurs ne veulent plus se lancer dans l’aventure Bobo-Orodara et vice-versa, à les entendre. De peur d’endommager leur véhicule, ou de le perdre (dans un grave accident). Même si la question sécuritaire n’est pas à occulter.
Des pannes dues au mauvais état de la route, les usagers se plaignent
Dès les premiers kilomètres après avoir démarré de Bobo-Dioulasso, on aperçoit déjà un camion stationné sur le bas-côté, visiblement en panne. Nous nous approchons pour confirmer cette situation et nous entretenir avec les propriétaires. Le camion est effectivement en panne, mais les propriétaires ne sont pas à côté, surement allés chercher de l’aide pour se dépanner. Un peu plus loin, nous en croisons un autre. Quasiment le même scénario, sauf que ce dernier n’a pas eu le temps de se ranger sur le bas-côté. Il occupe presque toute la voie, perturbant ainsi la 
Durant tout le long de notre trajet jusqu’à Orodara, on croisera quelques véhicules gros porteurs en panne, attendant d’être remis sur pied pour reprendre la route. Kassoum Traoré est transporteur. Il est le président de la section Kénédougou de l’Union nationale des petits transporteurs du Burkina. Pour lui, «cette route cause beaucoup de dégâts, que ce soit des pertes en vies humaines ou des pertes matérielles. Surtout en cette saison des pluies. Il y a trop d’accidents du fait du mauvais état de la voie». Pour une distance de 76 kilomètres, il soutient qu’il pouvait le faire en 1h30mn, quand ladite voie était toujours bonne. Mais de nos jours, il regrette de constater qu’il faut 4 heures pour rallier Bobo et Orodara. Pour ce faire, beaucoup de routiers en partance pour le Mali ont abandonné ledit tronçon pour passer par la voie de Faramana sur la nationale n°9, beaucoup plus praticable.
«Il y a des voies non bitumées qui valent mieux que la RN8»

Un mouvement citoyen tire la sonnette d’alarme
Au regard de la dégradation continue de la RN8, le Mouvement citoyen pour la réhabilitation de la route nationale n°8 (MCR-RN8) voit le jour. Il est né de la volonté de l’ensemble des populations directement impactées par l’état de dégradation de ladite route. Son objectif principal est d’obtenir la réhabilitation effective de la RN8 sur toute sa longueur. Le mouvement veut y voir plus clair également dans «l’état d’avancement du dossier d’appel d’offres pour la réhabilitation du tronçon Bobo – Orodara». Nous sommes rentrés en contact avec la direction régionale des infrastructures des Hauts-Bassins pour nous imprégner de l’état d’avancement du dossier de la réhabilitation de la RN8. On nous a promis un retour, mais jusqu’à ce que nous tracions ces lignes, il n’en était rien. Même situation au niveau de l’agence des travaux d’infrastructures du Burkina, AGETIB.
Abdoul-Karim Etienne SANON, de retour de Orodara
