Journée nationale de la liberté de la presse au Burkina : Une commémoration à la 41e place mondiale

Le 20 octobre 2022, le Burkina Faso commémore la Journée nationale de la liberté de la presse, et ce, depuis plus de deux décennies. Cette commémoration, la 24e du genre, intervient dans un contexte où le pays est classé 41e sur 180 pays dans le monde.

Les acteurs du monde des médias et de la communication, la société civile œuvrant dans la promotion de la liberté de la presse et d’expression et toute la population de manière générale, commémorent ce 20 octobre la Journée nationale de la liberté de la presse. A un moment où le Burkina Faso perd 4 places au plan mondial, comparativement à 2021, pour se classer 41e sur 180 pays, selon un classement de Reporter sans frontière.

Il ne faut pas croire cependant que les situations socio-politiques et sécuritaires n’y sont pas pour quelque chose, au contraire. En effet entre 2021 et 2022, la situation sécuritaire du Burkina Faso ne s’améliorait pas. L’accès à des types d’information était devenu complexe pour les professionnels des médias. La liberté de presse et d’expression existe au Burkina Faso, ou du moins sur papier.

Mais des événements se sont produits au nom de la situation sécuritaire, qui effectivement nous amènent à nous poser des questions. On se souvient qu’en mai 2021, un journaliste français et un réalisateur belge dûment accrédités ont été expulsés du pays alors qu’ils venaient y effectuer un reportage, au motif infondé de “menace à la sûreté de l’État”. Les 20 novembre 2021, 10 janvier et 23 janvier 2022, le gouvernement burkinabè décidait dans un premier temps de la coupure totale de l’accès à internet via les données mobiles et dans un second temps de bloquer l’accès au géant Facebook.

Pour ce faire, le gouvernement s’est appuyé sur la loi 061-2008 portant réglementation générale des réseaux et services de communications électroniques au Burkina et plus précisément sur le chapitre IX intitulé « qualité et sécurité des réseaux et des services et respect des obligations de défense nationale et de sécurité publique ». Autre situation, le coup d’État perpétré le 24 janvier 2022 contre le régime Kaboré. Cet énième événement du genre, s’est abattu comme un coup de massue sur la tête du monde des médias et de la communication. Ce qui était déjà complexe devenait encore plus difficile.

Abdoul-Karim Etienne SANON

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