Liberté de la presse : Au Burkina Faso, la presse n’a plus bonne presse

L’année 2023 marque le trentième anniversaire de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Trois décennies au cours desquelles il y a eu des progrès, mais aussi des bas. La multiplication des médias libres dans de nombreux pays et la montée en puissance des nouvelles technologies ont permis de fluidifier la transmission de l’information. Cependant, la liberté de la presse, la sécurité des journalistes et la liberté d’expression sont de plus en plus menacées.

Célébrée tous les 3 mai, la Journée mondiale de la liberté de la presse de cette année a pour thème : « Façonner un avenir de droits : La liberté d’expression comme moteur de tous les autres droits de l’homme », signifiant que la liberté d’expression constitue l’élément essentiel à la jouissance et à la protection de tous les autres droits de l’homme. La liberté de la presse permet de diffuser des informations et des idées auprès des citoyens ; améliorer le fonctionnement du gouvernement représentant les citoyens, en aidant ceux-ci à communiquer avec lui ; donner aux citoyens un moyen d’attirer l’attention sur les violations de leurs droits ; rapprocher le gouvernement du peuple, en aidant les décideurs politiques à mieux comprendre comment les gens perçoivent leur façon d’agir.

Cependant, face à des crises multiples, la liberté des médias, la sécurité des journalistes et la liberté d’expression, sont de plus en plus menacées. Alors que le Burkina Faso était considéré jusqu’à une date récente comme l’une des réussites du continent africain pour la liberté de la presse, la montée de l’insécurité et l’instabilité politique font peser de sérieux risques en matière de sécurité et d’accès à l’information pour les journalistes. En d’autres termes, au Burkina Faso la presse n’a plus bonne presse. Les journalistes ont du mal à exercer leur profession, dans un contexte de transition militaire marquée par une recrudescence d’attaques terroristes. Suspension de RFI et de France 24, expulsions de correspondants de médias internationaux, auditions de journalistes nationaux et internationaux, mise en garde à travers des communiqués, menaces diverses, depuis l’avènement des putschs militaires, les hommes de médias ont du mal à exercer leur profession.

Des pressions de divers ordres rendent de plus en plus complexe le traitement de l’information. Pourtant tout ce qu’elle dit sur la guerre, provient des communiqués de l’état-major. Pour sa part, le gendarme de l’information qu’est le CSC affirme jouer sa partition pour que les journalistes exercent leur profession dans de meilleures conditions. En 2022, le Burkina occupait le 41ème rang sur 180 pays en matière de liberté de presse, selon Reporter sans frontière.

Ousmane TRAORE

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