Mamounata Sedogo/ Tassembedo : La transformatrice de miel au parcours incroyable

Madame Sedogo née Tassembedo Mamounata évolue depuis 2009 dans le domaine de la transformation des produits forestiers ligneux et non ligneux ainsi que dans la transformation du miel. Cultivatrice et présidente de l’Association Sougr-Nooma, cette mère de 3 enfants nous raconte son parcours.

La particularité de son miel est qu’il est complètement naturel

Mamounata Tassembedo, avant de se lancer dans ce domaine, vendait du charbon de bois, des pilons et des paniers. Une activité qu’elle trouvait contraignante car selon elle, il fallait être en bon terme avec les Eaux et forêts pour exercer en toute quiétude cette activité. L’histoire de la transformation de produits forestiers ligneux et non ligneux a débuté lors d’une foire en 2019. «Au cours de cette foire, j’ai voulu amener mon bois, mes paniers et pilons. Il s’est trouvé que c’était une foire alimentaire. Mais parfois, j’ai eu à ramener de mes voyages du miel pour certaines vendeuses et comme il était question d’alimentation, j’ai alors proposé du miel. Heureusement, cela a marché. Grâce à entre autres, la Confédération paysanne du Faso, j’ai eu le premier prix avec mon miel. C’était ma première fois de participer à une foire alimentaire», dit-elle. Depuis lors, dame Sedogo n’a plus arrêté cette activité. La particularité de son miel est qu’il est complètement naturel. Pour la transformation, « je m’approvisionne en miel dans le Bazèga et un peu partout dans le pays. Quand le miel vient à l’état pur, on le transforme en plusieurs qualités. Ainsi, chaque client peut y trouver son goût. On ne mélange aucune matière à  notre miel. Il est 100% naturel. On ne fait que le tamiser selon le goût des clients. Même s’il y’a des machines adaptées à ces genres de transformations, nous n’en avons pas encore sous la main ».

Ces pendant les foires que nos produits étaient achetés en grandes quantités surtout par les étrangers

La dame battante est aussi présidente de l’Association Sougr-Nooma, une association forte d’une dizaine de membres, spécialisée dans la transformation des produits ligneux et non ligneux basée à Ouagadougou. Elle est également membre de la Fédération nationale des transformateurs de produits ligneux et non ligneux en tant que informatrice. Et membre de la Confédération paysanne du Faso où elle est avec le Collège des femmes Rurales qui l’aide à écouler ses produits. « Concernant notre participation aux foires, elle est financée par la Confédération paysanne du Faso qui échange avec les organisateurs. C’est  à la suite de ces échanges que nous sommes conviés. Ceux qui sont intéressés pour l’exposition du produit, sont inscrits et orientés sur les lieux. Pour cela, nous remercions grandement la Confédération pour tous ces efforts», explique-t-elle.

Des ambitions

L’ambition de Mamounata Tassembedo est de faire le savon à base du miel tous les produits qui peuvent dériver du miel. Mais pour cela, il faudrait suivre une formation et acquérir les machines nécessaires, mais elle est confrontée à plusieurs difficultés. « Notre principale difficulté est surtout financière. Je ne connais pas les structures étatiques qui accompagnent souvent les femmes, car je n’ai pas été à l’école, je ne sais pas lire. Les années précédentes nos produits s’écoulaient plutôt facilement, mais avec l’avènement du COVID-19 c’est assez difficile surtout avec la fermeture des frontières. Et pourtant, c’est pendant les foires que nos produits étaient achetés en grandes quantités, surtout par les étrangers. On arrivait aussi à s’en sortir avec la commande des alimentations et des foires». Malgré ces difficultés, elle n’entend pas s’arrêter en si bon chemin, car elle pense que les femmes doivent se battre pour avoir de meilleures conditions de vie et assurer un avenir meilleur à leurs enfants. Car avec les hommes d’aujourd’hui, ce n’est pas évident. « Quand je prends mon cas, je suis veuve avec de petits enfants. Si je ne me battais pas, qui allait s’occuper de ces orphelins ? Je cultive pendant la saison pluvieuse sans pour autant arrêter la transformation du miel. Je suis aidée beaucoup par les membres de la famille, comme mes frères», dira-t-elle.

Aïcha TRAORE

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