Manque de gaz butane Sodigaz : «Nous travaillons pour que cette situation ne se présente plus», Mariam Boly, service communication Sodigaz

« La demande est forte », Mariam Boly, service communication Sodigaz

Depuis le début du mois de janvier 2025, certains consommateurs se plaignent de la non disponibilité des bouteilles de gaz butane de marque Sodigaz. Au fur et à mesure, le nombre de ces plaignants va crescendo. Face à cette situation, une équipe de L’Express du Faso a sillonné quelques artères de la ville de Bobo-Dioulasso, le mercredi 15 janvier 2025, pour faire le constat.

Acteur majeur du secteur de l’énergie au Burkina Faso, le groupe Sodigaz contribue depuis sa création au bien-être de la population, notamment en rendant l’énergie accessible à travers la distribution du gaz butane. Mais depuis un certain temps, l’entreprise semble être confrontée à des difficultés pour approvisionner ses revendeurs, ce qui, par ricochet, impacte négativement le quotidien des consommateurs.

Alimata Tao, une utilisatrice de gaz Sodigaz, résidente dans un quartier populaire de la cité de Sya nous confie que «nous avons des difficultés à nous réapprovisionner. En effet, nous pouvons faire plus d’une semaine à la recherche de gaz sans succès chez nos revendeurs habituels. Dans ces cas nous approchons d’autres revendeurs, souvent aussi sans succès. Notre souhait est que les patrons de la société augmentent leur production afin de satisfaire la demande qui est de plus en plus croissante»

Pour Alima Tao, « nous avons des difficultés à nous réapprovisionner »

Non loin de sa position, après juste quelques minutes de trajet à pied, nous arrivons dans le kiosque de Chérifa Traoré. Gérante des lieux, elle utilise du gaz butane pour faire tourner ses affaires et a opté pour la marque Sodigaz. Elle nous précise qu’elle travaille avec les bouteilles de gaz Sodigaz et souhaiterait que la société essaie de revoir à la hausse sa production. La semaine précédant notre arrivée dans son kiosque, Chérifa Traoré dit que sa bouteille de gaz était complètement vide. «J’ai fait le tour des différents points de recharge, mais je n’ai pas eu gain de cause. J’étais dans l’obligation d’acheter une nouvelle bouteille de gaz d’une autre marque afin de poursuivre mes activités», se désole-t-elle. Se souvient-elle que quelques années en arrière, le problème ne se posait pas. Pour Chérifa Traoré, à l’image de Alima Tao, la société gagnerait à augmenter sa production car l’utilisation du gaz butane est dans les habitudes des citoyens actuellement.

Chérifa Traoré suggère que « la société gagnerait à augmenter sa production »

Après avoir pris congé de notre gérante de kiosque, et fait le tour de quelques quartiers, nous stationnons devant un point de revente de gaz Sodigaz. Le gérant, Compaoré Sidibé, dit que depuis maintenant deux ans ils ont des problèmes de réapprovisionnement, créant ainsi une rupture. Il donne pour preuve son cas. C’est le 9 janvier qu’il a lancé sa commande et à la date du 15 janvier, le jour de notre passage, il n’avait toujours pas été livré.

            «C’est une situation périodique»

Face à cette situation, nous avons entrepris de prendre langue avec la société à Bobo-Dioulasso. Notre demande d’entrevue est acceptée et nous sommes accueillis à notre arrivée par le service communication. Là, Mariam Boly nous dit que cette «situation est périodique». Elle apporte plus d’éclaircissements. A l’entendre, généralement, le problème commence à se poser dès le mois de novembre et ce, jusqu’en février, correspondant à la période de fraicheur. L’usage du gaz dans les ménages est beaucoup plus prononcé, sans oublier que nous venons de sortir des périodes de fêtes de fin d’année, ce qui fait que «la demande est trop forte», poursuit-elle

Une cage de dépôt de gaz butane vide

Les bouteilles de 6kg et 12kg sont celles qui sont beaucoup concernées par cette rupture, mais les 6kg encore plus. Elle est beaucoup plus utilisée et comporte un foyer intégré, ce qui fait que même dans des zones reculées, elle dicte sa loi. Pour remédier à cette situation, beaucoup de mesures sont prises comme l’augmentation du stock. « Mais le besoin est tellement là que ce n’est pas facile », reconnait Mariam Boly. Mais elle soutient qu’avec les mesures prises à leur niveau et le fait qu’on sort progressivement de la période de froid, il y aura un retour à la normale bientôt. «Parce qu’en interne nous travaillons vraiment à ce que ces genres de situations ne se présentent plus. Au moins dix camions sont sur le terrain par jour pour effectuer des livraisons et nous avons commandé des bouteilles en plus pour faire face à cette forte demande. Chaque jour, il y a de nouveaux consommateurs et on prend les mesures au fur et à mesure. On vous promet que la situation va changer ».

Mais en attendant, ils ne sont pas peu, ces consommateurs qui, jusqu’à présent, utilisent leur bouteille de gaz Sodigaz comme objet de décoration à la maison, car ne servant pas à grand-chose, puisqu’elle demeure vide, même après l’avoir trimballée de point de vente en point de vente.

Abdoul-Karim Etienne SANON

Aymeric KANI

Annaïsse PAKOTOGO

Rachidatou COMPAORE/Stagiaire