À Bobo-Dioulasso, les motos électriques s’imposent progressivement comme une alternative crédible aux engins à essence. Dans les rues animées comme dans les marchés de la ville, leur présence devient de plus en plus visible, traduisant un changement des habitudes de consommation, porté notamment par des considérations économiques et pratiques.
Au grand marché de Bobo-Dioulasso, Abdoul Kalif Yedan, plus connu sous le nom de « président des commerçants de motos et véhicules », observe une nette évolution de la demande. « Ces derniers temps, les motos électriques sont beaucoup plus achetées », confie-t-il. Selon lui, l’offre s’est diversifiée pour répondre à plusieurs catégories d’usagers. « Nous avons des modèles pour enfants, d’autres inspirés des motos à essence pour les adultes, ainsi que des motos adaptées aux livreurs », précise-t-il.
L’un des principaux arguments en faveur de ces engins reste leur coût. Comparées aux motos à essence, les motos électriques sont jugées plus économiques, tant à l’achat qu’à l’entretien. « Elles sont rechargeables à partir d’une batterie, et même grâce à l’énergie solaire, ce qui rend leur utilisation encore plus intéressante », ajoute Abdoul Kalif Yedan. Il souligne également que les modèles récents sont équipés de systèmes d’alerte permettant d’anticiper une décharge, limitant ainsi les risques de panne en pleine circulation.
Un marché en plein essort
Si les motos électriques séduisent de plus en plus, leur adoption n’a pas été immédiate. « Les clients commencent vraiment à s’y intéresser et à les acheter, contrairement aux années précédentes », note le commerçant. Il évoque par ailleurs l’existence de véhicules électriques, encore rares dans la ville.
Face à cette tendance, certains commerçants spécialisés dans les motos à essence n’hésitent plus à s’adapter. C’est le cas d’Issouf Barry, qui s’est récemment lancé dans la vente de motos électriques. « C’est un marché en pleine expansion. J’ai commencé il y a un mois et j’espère en tirer profit », explique-t-il.
Des utilisateurs heureux
Du côté des utilisateurs, les témoignages confirment l’intérêt croissant pour ces engins. Commerçante et mère de trois enfants, Fon Rosalie Traoré a fait le choix d’acheter deux motos électriques pour ses enfants scolarisés. « Avec la hausse du prix du carburant, j’avais du mal à joindre les deux bouts. Ces motos sont économiques, faciles à entretenir et moins stressantes », explique-t-elle. Elle apprécie particulièrement leur autonomie : « Une fois rechargées, les enfants peuvent aller à l’école et moi, je suis plus tranquille ».
Les professionnels de la livraison y trouvent également leur compte. Issouf Thiombiano, livreur, affirme réaliser d’importantes économies grâce à son engin électrique. « Avec cette moto, je peux économiser jusqu’à 50 % par rapport à l’essence », souligne-t-il, tout en insistant sur sa capacité à répondre efficacement à un volume élevé de commandes.
Portées par la hausse du coût du carburant et la recherche de solutions plus durables, les motos électriques semblent ainsi s’inscrire durablement dans le paysage urbain de Bobo-Dioulasso. Une transition progressive qui pourrait, à terme, transformer en profondeur les modes de déplacement dans la ville.
Mahanatou OUATTARA/ Stagiaire
