Vente de l’oignon : « L’activité est très rentable mais risquée »

L’oignon est un produit maraîcher cru et est l’un des produits les plus exportés par le Burkina Faso. Nous avons fait le constat au marché de fruits et de légumes de Bobo-Dioulasso ce 11 juillet 2023.

De tous les produits maraîchers, l’oignon est le plus produit au Burkina Faso. Après le Niger, le pays des Hommes intègres est le 2e pays exportateur de l’oignon avec pour destination la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Togo. Souleymane Sawadogo, un vendeur d’oignon au marché de fruits et de légumes de Bobo-Dioulasso, nous en dit long sur ce commerce. « J’ai commencé la vente de l’oignon en 2014 pour être autonome sur le plan financier », affirme-t-il.

Il dit engranger des bénéfices et pourvoir aux besoins de la famille vu « qu’il y a des clients qui viennent acheter pour ensuite les acheminer vers d’autres destinations comme Korhogo, Abidjan. Nous vendons actuellement le sac entre 34 000 F CFA et 35 000 FCFA. Nous pouvons vendre 100 à 300 sacs d’oignon mais pour le moment nous ne sommes pas en mesure de remplir un camion remorque parce qu’on n’a pas l’oignon en quantité ».

Des difficultés rencontrées par les commerçants

A l’instar d’autres activités, Souleymane Sawadogo, n’a pas manqué de mentionner les difficultés qu’il rencontre dans cette vente.  « Nous rencontrons des difficultés dans ce commerce. Souvent, nous donnons des sacs d’oignons à crédit à des clients, mais ces derniers partent vendre et ne remboursent pas ou le font à moitié », déplore-t-il. Et à Monsieur Sawadogo de poursuivre : « d’autres reviennent nous dire que la marchandise a pourri en cours de route et par ricochet ne peuvent pas payer la dette, chose qui ne nous arrange pas ».

En plus de la vente locale, Monsieur Sawadogo nous confie qu’il est aidé par deux autres personnes pour l’exportation de l’oignon vers d’autres horizons.  « J’exporte l’oignon pour d’autres localités. Nous sommes au nombre de trois dans cette vente. Un est au champ pour acheter, l’autre est allé en Côte d’Ivoire et moi je vends ici en attendant leur retour ».

Une exportation à risque

Parlant des contraintes qu’il traverse dans l’exportation il nous dit « quil peut avoir des pannes en route. Les contrôles douaniers aussi nous retardent souvent, ce qui rend la conservation difficile. Etant donné que l’oignon est cru, il finitt par pourrir dans les sacs », conclut Souleymane Sawadogo. Un peu plus loin, nous rencontrons Lassina Fahed Kaboré, un vendeur de prêt-à-porter reconverti en exportateur d’oignon depuis 2007 avec son oncle. « Venu de la Côte d’Ivoire mon oncle m’a proposé de m’allier à lui pour la commercialisation de l’oignon, chose que j’ai acceptée parce que j’étais en faillite dans la vente de prêt-à-porter », laisse-t-il entendre. A la question de savoir comment l’exportation se fait à son niveau, il indique que « cette remorque (en indexant une remorque en chargement) par exemple est pour un groupe de sept personnes. Moi je peux avoir cent sacs, je les charge pour la Côte d’Ivoire.

Pendant ce temps, j’ai quelqu’un qui va les récupérer là-bas pour vendre, pour peu qu’on se mette d’accord sur un prix. Je peux lui donner le sac à 35 000 FCFA, même s’il revend à un autre prix ce sont les 35 000FCFA qui me reviennent de droit ». A l’écouter, l’exportation est très délicate si tu n’as pas un homme honnête et digne de confiance. « Souvent tu envoies cent sacs d’oignon en Côte d’Ivoire et celui qui est là-bas te dit que tout est pourri, soit qu’il a donné la marchandise à crédit et que le débiteur n’a pas remboursé. Cela peut causer ta faillite ». Autre difficulté, « tu peux acheter les oignons en brousse, le temps que ça arrive à Bobo pour d’autres destinations tu trouves qu’il y en a qui sont gâtés. Tu es obligé de renverser, trier avant de les conditionner dans de nouveaux sacs. Dans çà, tu peux perdre deux à quatre sacs », regrette Fahed Kaboré.  « Pendant la saison des pluies nous sommes obligés de couvrir avec des bâches. L’oignon n’aime pas l’eau mais s’il y a trop de chaleur aussi çà peut pourrir. Le camion aussi s’embourbe par moment dans les champs », ajoute-t-il.

Un commerce « très rentable »

Aux dires de M. Kaboré, ce commerce est très rentable mais aussi risqué. « Sur un sac tu peux avoir un bénéfice de 10 000 à 12 500 FCFA. Donc si tu vends 400 à 500 sacs, c’est de l’argent. En une année de vente seulement ta vie peut changer positivement comme négativement si tu fais des pertes ». Quoiqu’exportant l’oignon du Burkina vers la Côte d’Ivoire, Fahed Kaboré en importe. « Dans peu de temps l’oignon du Burkina va finir, nous allons importer du Niger, de l’Egypte, du Maroc et de la Hollande ». Notons qu’au Burkina, ces commerçants disent s’approvisionner dans les localités comme Bama, Banzon, Kouka, Koudougou, Ouahigouya et Po.    

Norrockom Edwige KAM/Stagiaire

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