Mutilations génitales féminines : La pratique perdure dans la Boucle du Mouhoun

La direction régionale de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire de la Boucle du Mouhoun a animé une conférence de presse le 6 octobre dernier sur les MGF.  L’objectif est d’encourager les dénonciateurs des cas de pratique de Mutilations génitales féminines (MGF) dans la région.

Les mutilations génitales féminines, une pratique qui persiste dans la Boucle du Mouhoun. Malgré les nombreuses luttes contre ce phénomène qui a permis une régression sensible, le chemin est toujours long pour y mettre fin. Selon Innocent Stanislas Tuina, directeur en charge de la femme de la Boucle du Mouhoun, l’étude nationale sur les violences faites aux enfants en 2018 place la Boucle du Mouhoun en tête avec 33,7%, suivie des Hauts-Bassins de 31,9%.

Selon la même étude, les filles dafing 42,5% sont les plus nombreuses à êtres excisées. Un cas récent de pratique de l’excision a été enregistré dans la commune de Tchériba le 16 juin dernier, indique le directeur régional. Les recherches ont permis de mettre la main sur l’exciseuse et ses complices. « A la suite, une audience foraine avait été réalisée le 06 juillet à Tchériba par le Tribunal de grande instance de Dédougou. Elle s’était soldée par la condamnation de six personnes dont quatre femmes et deux hommes avec sursis. Quant à l’exciseuse, elle a été condamnée à 09 mois de prison ferme et 500 000 francs d’amende », a affirmé Innocent Stanislas Tuina.

A Sokoura dans la commune de Dédougou, un cas d’excision devant avoir lieu le 24 septembre a été déjoué par la brigade territoriale de gendarmerie de Dédougou. Trois femmes qui tentaient de fuirent avec leurs enfants âgées d’environ deux à quatre ans, ont été interpellées. Cinq filles ont ainsi échappé à l’excision.

Des personnes toujours convaincues

Le fait que la pratique de l’excision soit ancrée dans les coutumes des populations rend la tâche difficile selon le directeur régional Innocent Stanislas Tuina. Pour lui, deux causes font qu’il y a du mal à venir à bout du phénomène malgré la répression.  « Il y a des personnes qui sont toujours convaincues que tant qu’elles ne le font pas, il y a toujours un blocage quelque part. Généralement, ce sont les femmes entre elles qui prennent la décision de le faire. Ce qui encourage souvent aussi des personnes à le faire, ce sont les intellectuels qui continuent de pratiquer l’excision. Ils prennent leurs enfants à Ouagadougou pendant les vacances pour les amener dans les villages pour donner à leur maman pour l’exciser », a-t-il déploré.

Arnaud Lassina LOUGUE /Correspondant

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