Nouveau gouvernement, rien ne peut justifier ce temps mort

Même si le président du Faso nomme un Premier ministre ce mardi 5 janvier 2021 et que celui-ci forme immédiatement un gouvernement, les Burkinabé retiendront qu’il y a eu des difficultés à trouver un Premier ministre, mais surtout à former un nouveau gouvernement. Difficultés qui pourraient s’expliquer par la boulimie de certains hommes politiques à prendre pour eux et leurs ouailles une grosse part du gâteau. Parce que, sans eux, le prince ne sera pas ce qu’il veut. Autrement, ce sont eux les faiseurs de roi. Par conséquent, ils doivent être installés à la droite du roi. C’est tout simplement dommage.

En effet, cette situation pose l’une des failles du système démocratique tel qu’hérité de l’Occident. Si les Burkinabé ont largement voté leur président, la mise en œuvre de son programme dépend d’autres acteurs qui se croient eux aussi investis de la confiance du même peuple à travers des élections législatives. Alors qu’aucun député n’a présenté devant les Burkinabé un programme politique pour être élu. C’est aberrant ! Aujourd’hui, par cette tricherie, c’est le président élu qu’on met dans les difficultés, y compris les Burkinabé qui ont attendu ou qui doivent encore attendre. Que de temps perdu pour rien ! Surtout quand on sait que dans nos administrations fortement centralisées, personne ne prend le risque de prendre une décision qui pourrait lui causer des ennuis plus tard. C’est dire comment l’administration a été paralysée (même si cela a coïncidé avec un long week-end). Ensuite quand on sait que les nouveaux ministres qui seront nommés devront prendre du temps pour se familiariser avec certains dossiers avant de commencer à travailler véritablement, on se rend compte que c’est tout le monde qui perd.

Il est connu que pour leurs propres intérêts, les hommes politiques sont prêts à tout. Même à mettre le pays en péril. C’est malheureusement ce à quoi on assiste en ce moment. Le comble est que ce n’est pas l’opposition politique qui crée ces problèmes au président mais sa majorité. Si tel devait être le cas tout au long de son mandat, autant dire qu’ils mettront les bâtons dans les roues du président Roch. C’est pourquoi, le président doit apprendre à être très ferme avec ses camarades. Ce n’est pas à eux que les Burkinabé demanderont des comptes à la fin du mandat. Mais à lui, et à lui seul. S’il échoue, il sera seul « face à ses responsabilités » car ses amis ne partageront pas avec lui un quelconque échec. Par contre, s’il réussit, ils seront les premiers à se prévaloir de cette réussite, en bombant la poitrine partout, même là où on n’en aura pas besoin.

Cinq à six jours de perdu dans un mandat, ce n’est certainement pas beaucoup aux yeux de certaines personnes. Cependant en six jours, on peut réaliser de bonnes choses. Encore qu’ici, depuis le début de la campagne politique en fin octobre, les Burkinabé sont pratiquement dans l’attente de la reprise des activités administratives, et même économiques. C’est le pays qui perd !

Dabaoué Audrianne KANI

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