Pamoussa Sawadogo dit Korogho, homme politique : « Lorsque Blaise Compaoré était au pouvoir…il faisait bon vivre !»

Je traduis ma reconnaissance au MPSR

Pamoussa sawadogo dit Korogho est un homme politique averti et bien connu pour son franc parlé. Nous l’avons rencontré pour qu’il nous parle de la situation nationale au Burkina Faso. C’est en tant que citoyen burkinabè qu’il accepte de répondre à nos questions.

Le 24 janvier dernier, il y a eu un coup d’Etat qui a porté le Lieutenant-colonel Damiba au pouvoir. Lors de son discours, il a fait la promesse de restaurer l’intégrité du territoire. Au jour d’aujourd’hui quelle est analyse sur la question ?

En 2014, je m’étais exprimé dans votre journal. Depuis lors, je ne me suis plus prononcé dans un média. Je salue le putsch du 24 janvier car, au regard de l’évolution de la situation sécuritaire, si le président Damiba n’avait pas pris le pouvoir, peut-être qu’aujourd’hui, Ouagadougou serait occupée et la charia serait en application. Donc nous saluons l’avènement du MPSR. Nous prions pour que Dieu lui donne la force de conduire sa mission.

Qu’est-ce que vous pouvez faire en tant que responsable politique et citoyen pour accompagner le président Damiba et la Transition ?

Vous m’avez posé une question que je ne devrais pas aborder. Si je veux parler en tant que responsable du CDP, il faut que je me réfère au président du parti, Achille Tapsoba ou son adjoint Salifou Sawadogo avant de me prononcer. Je suis délégué du CDP au secteur 14, mais ce n’est pas en cette qualité que j’ai salué le putsch. C’est au regard de la situation critique que vivait le pays que j’ai dit que le coup d’Etat qui a porté le président Damiba au pouvoir est salutaire. Il a sauvé l’ensemble des Burkinabè. Je traduis ma reconnaissance au MPSR.

Pour ce qui est de l’accompagnement de la Transition, nous l’accompagnons déjà. Si un président est sur le droit chemin, on n’a pas besoin de le connaitre pour l’accompagner. C’est un Burkinabè, il dirige le pays, c’est notre président. Donc c’est obligé pour nous de le soutenir et l’accompagner en tout temps par nos prières, par nos actions et avec toute notre force. Nous prions Dieu pour qu’il ait la force pour conduire la Transition, vaincre le terrorisme, restaurer l’intégrité du territoire avant de s’occuper des d’élections.

S’agissant de la lutte contre l’insécurité que pouvez-vous faire en termes d’actions ou de conseils pour accompagner le président Damiba ?

Si vous suivez les réseaux sociaux ces derniers temps, il y a des témoignages qui indiquent que les terroristes sont en train de capituler et rendent les armes. Ils ne déposent pas les armes de leur propre gré, mais parce que la puissance de feu de l’armée les y contraint. Ce que nous pouvons faire pour accompagner le président Damiba, c’est la cohésion sociale et l’union des Burkinabè parce que le président Damiba ne défend pas Koupéla (NDLR, village du président), ni Zorgho, ni Kaya, c’est l’ensemble du Burkina Faso qu’il défend. C’est la soixantaine d’ethnies du pays qu’il a accepté défendre. Mais cette défense ne se fait pas avec sa seule force, mais avec l’ensemble des composantes de l’armée et des VDP qu’il veut sauver le Burkina Faso. Il faut que nous laissions tomber nos querelles et la jalousie pour pouvoir les soutenir. Certaines personnes disent que le président Damiba est très jeune pour diriger le pays. Non ! Lorsque Thomas Sankara et Blaise Compaoré ont pris le pouvoir, ils n’avaient pas l’âge du président Damiba. Blaise Compaoré a dirigé le pays pendant combien d’année ? 27 ans. Cela veut dire que le président Damiba également peut gérer le pays. C’est l’intelligence qui dirige un pays et non l’âge. Je supplie l’ensemble des Burkinabè à laisser leur jalousie car, rien ne peut nous détruire si ce n’est la jalousie. Qu’on se donne la main pour qu’ensemble nous soutenions le président Damiba pour qu’il réussisse sa mission.

Quelle est votre avis sur la demande de pardon de l’ancien président, Blaise Compaoré ?

Dans la vie, il y a des gens biens et des méchants. Pour ceux qui est du président Blaise Compaoré, je le remercie infiniment, pas parce que je suis du CDP, mais parce que je suis Burkinabè. Chez les Mossi, il y a un proverbe qui dit que «si on te demande pardon et que tu refuses, c’est meilleure santé qu’on va te souhaiter au finish». Lorsque le président Damiba a pris le pouvoir, combien de personnes a-t-il arrêtée ? Il n’a arrêté personne. Même pour la résidence surveillée du président Roch Kaboré, c’était pour sa propre sécurité. Si on l’avait arrêté, on n’allait pas le libérer 6 à 7 mois après, on n’appelle pas ça une arrestation. Mais tout ça, c’est quoi ? C’est le pardon. Concernant, la venue du président Blaise Compaoré, c’est par la volonté du président Damiba qui est un homme de respect et d’écoute. Il a appelé le président Compaoré et les autres anciens chefs d’Etat pour qu’ensemble on puisse se pardonner et se donner la main pour pouvoir redresser le pays qui s’est désagrégé en l’espace de 7 ans.

Nous avons vu après des gens qui sont allés empêcher le président Kaboré de se rende à la rencontre. Le président Compaoré est venu et il est reparti réfléchir sur les griefs qu’on lui porte durant son mandat. Il a jugé bon de demander pardon au peuple. Il n’a pas demandé le pardon à cause du président Roch, ni à cause de ceux qui chantent le nom du président Sankara à tout va. Il a demandé pardon aux Burkinabè qui connaissent le pardon et qui souhaitent l’avancée et le développement du pays. Il a demandé pardon à ceux qui veulent que le pays reste toujours debout.

Prenons un exemple, le capitaine Thomas Sankara a un oncle en la personne de l’ambassadeur Mousbila Sankara, il a dit accepter ce pardon. C’est n’est pas pour dire qu’il n’a pas été brimé ou qu’il ne raisonne pas. Il a accepté pourquoi ? Aujourd’hui, il a environ 70 ans mais, il a des enfants et des petits-enfants? Si nous ne nous pardonnons pas, dans 70 ans est-ce que ce pays sera encore le Burkina Faso ? Le pays a été divisé en trois de par le passé, mais c’est grâce au pardon demandé par Naaba Kom que le pays a été reconstitué. Est-ce qu’il était armé ? Non ! C’est par ses paroles. C’est en référence de cela que le président Compaoré a décidé de demander humblement pardon pour qu’on puisse s’unir et construire le pays pour la future génération.

Depuis 2014, nous avons des exilés, quel est votre message au président Damiba sur la question par rapport à la réconciliation nationale ?

Le président Damiba a pris le pouvoir non pas pour de l’argent, mais pour sauver le pays et ramener la cohésion et l’union des fils et des filles de ce pays. Il fera en sorte que ces personnes rentrent au pays. Lorsque Blaise Compaoré était au pouvoir le pays était comment ? Il faisait bon vivre ! Ne nous cachons pas la vérité, ne nous mentons pas. Si tu peux faire quelque chose, on sait que tu es capable de le faire, si tu es incapable, on le sait aussi. La démarche du président Damiba sur la question de la réconciliation nationale est irréversible car, c’est avec respect qu’il a enclenché la marche vers la réconciliation nationale en demandant à tous ceux qui sont exilés de rentrer au pays pour qu’on puisse se donner la main et gérer le pays. Il est conscient qu’à lui seul, il n’y arrivera pas et il est conscient qu’il faut conjuguer les intelligences.

Au niveau du CDP, il y a deux tendances et vous faites partie de l’aile historique. Quel message pour les responsables du parti afin que le CDP puisse aller sereinement aux élections de 2024 ?

Ta question est difficile pour moi. Je suis responsable du CDP dans mon secteur, mais je ne parle pas au nom de Achille Tapsoba, le président du parti. Je vais tout simplement donner mon opinion. Je prends un exemple pour expliquer la situation. Admettons que vous et moi, sommes à Abidjan. Entre temps, vous décidez de venir au Burkina Faso et moi je vous fais une commission car on m’a donné une femme au pays et je vous demande de revenir avec ma petite femme à votre retour. Si vous revenez avec la femme, vous allez la garder ou bien vous aller me la remettre ? Si vous décidez de garder la femme, ça suppose que ce sont vos parents qui ont demandé sa main. Mais, si ce sont mes parents qui ont demandé la main de cette femme, c’est qu’elle me revient. Donc il faut savoir que le CDP, c’est comme la petite femme du président Blaise Compaoré. Et ce dernier entre temps a eu un problème et il confie sa petite femme à des gens et Eddie Komboïgo prend la femme. Maintenant, si le président Blaise Compaoré dit qu’il veut récupérer sa petite femme, Eddie Komboïgo doit la lui rendre. Jusqu’à l’heure, on peut dire que même si Achille Tapsoba est le président du parti, ce n’est que par intérim car le parti appartient au président Blaise Compaoré. Si c’était la force ou en termes de capacité financière ou même en termes de proximité avec le président Blaise Compaoré, c’était Roch Kaboré, Salifou Diallo et Simon Compaoré qui devraient gérer le parti.

Ce n’est pas Eddie Komboïgo qui devrait gérer le parti. Quand Eddie Komboïgo a pris le parti en 2015, ça n’a pas été une surprise pour Achille Tapsoba, ni pour Salif Sawadogo, encore moins pour le Général Gilbert Diendéré, Fatou Diendéré, Blaise Compaoré ou Léonce Koné. Mais si tu prends quelque chose qui ne t’appartient pas et qu’on veut récupérer la chose, tu dois la remettre. Je ne veux pas manquer du respect à Eddie Komboïgo parce qu’il nous a dirigé, il a géré le parti. Mais, c’est Blaise Compaoré qui a dit à Achille Tapsoba de gérer l’intérim du parti. Cependant, nous-mêmes ne sommes pas contents de lui pour l’instant, parce qu’il tarde à tenir le congrès sinon, c’est de droit qu’il assure l’intérim de la présidence du parti. Si c’est ainsi que Eddie Komboïgo vire le président Compaoré du parti, il a essayé de le faire, mais c’est impossible, car le parti appartient au président Blaise Compaoré.

Jules TIENDREBEOGO

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