Politique : Propos de Simon Compaoré, est-ce cela qu’on pense au MPP ?

En prélude au congrès extraordinaire de son parti (NDRL : le Mouvement du peuple pour le progrès, MPP) Simon Compaoré qui en est le président, toujours égal à lui-même, s’est exprimé au cours d’une conférence de presse le lundi 20 septembre 2021. Certains de ses propos au cours de cette conférence n’auraient pas eu l’écho qu’ils ont reçu ni retenu l’attention des Burkinabé s’ils n’étaient pas venus du premier responsable du parti qui dirige le pays. Ils seraient venus d’un président de parti de l’opposition ou d’un acteur de la société civile qu’ils ne surprendraient personne et personne ne se serait préoccupé non plus.

On comprend alors pourquoi dans les milieux politiques, de la société civile et des observateurs de la société civile, on s’accorde à dire que certaines déclarations du président du parti majoritaire ne sont pas appropriées. Même dans son propre parti politique et dans l’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP), ils sont nombreux les militants et leaders de partis politiques à ne pas reconnaitre leur premier responsable. Surtout dans ce contexte de grands défis qui se dressent aux Burkinabé.

Plus qu’un pavé donc, c’est une véritable bombe que Simon Compaoré vient de lâcher sur la scène politique burkinabé, pour ne pas dire dans tous les milieux au Burkina Faso, tout court. Car autant ces déclarations détermineront l’atmosphère (ou la sérénité) au sein de la classe politique au pouvoir et dans l’opposition, autant elles auront un impact (indéniable) sur les actions de développement du pays. Mieux, elles impacteront les performances de l’administration publique quand on sait que celle-ci est fortement politisée et même dans le secteur privé quand on sait que la politique est le régulateur de toutes les activités de développement.

Aussi, peut-on se poser la question de savoir quelles sont les motivations réelles de telles déclarations, surtout quand on sait (une fois de plus) qu’elles viennent du premier responsable du parti qui dirige le Burkina. Est-ce réellement ce que l’on pense au sein du MPP et de l’Alliance des partis de la majorité présidentielle ? Simon Compaoré, non plus, ne peut avoir dit ce qui lui est venu par la tête !

Dans tous les cas, l’opposition n’a plus d’inquiétudes à se faire. Si elle veut réellement conquérir le pouvoir, elle sait à quoi s’en tenir. Le MPP et ses alliés ont tracé le chemin même si officiellement aucun candidat n’est en lice. Roch, en tout cas, ne sera pas leur candidat en 2025 « à moins qu’il veuille se suicider ». Si tel devait être le cas, « ça ne sera pas avec le MPP », a prévenu Simon Compaoré.

La seule crainte qu’on peut avoir, c’est le désordre que ces déclarations peuvent créer au sein même du parti. Car chacun, notamment ces nombreux jeunes aux ambitions souvent démesurées, peuvent croire que leur heure a sonné. Et semer ainsi la merde au sein du parti, dans le pays tout entier. Ce sera bien dommage !

Dabaoué Audrianne KANI

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