Présidentielle 2020, ces parrainages qui n’ont aucun sens !

Pour être candidat à la Présidence du Faso, le Code électoral en son article 125 dispose que dans le dossier de candidature, il doit figurer «une attestation de parrainage d’au moins cinquante élus». Et il précise que «lorsque l’acte de parrainage ne comprend que des conseillers municipaux, ceux-ci doivent être répartis dans au moins sept des treize régions du Burkina Faso. Cette répartition dans des régions du Burkina Faso n’est pas exigée lorsque, en plus des élus locaux, l’acte de parrainage comprend au moins un député ou lorsqu’il ne comprend que des députés.

L’acte de parrainage comporte les noms, prénoms, la nature du mandat et les signatures authentifiées par une autorité compétente. Un élu peut parrainer tout candidat de son choix ; toutefois, il ne peut parrainer plus d’un candidat ou remettre en cause son parrainage. L’auto-parrainage n’est pas autorisé.

Le parrainage multiple et le faux parrainage sont nuls. Si cette nullité est susceptible d’entraîner l’annulation d’une candidature, le Conseil constitutionnel le notifie au candidat soixante douze heures avant la date de publication de la liste. Il est accordé un délai de vingt quatre heures au candidat pour procéder au remplacement des parrainages annulés…».

A l’analyse, cette disposition du Code électoral n’a aucun sens au regard de la configuration du paysage politique actuel au Burkina Faso. Car, si un élu peut parrainer un candidat de son choix, il n’y a donc pas de doute que des partis prêtent des élus à des candidats qui n’en auront pas suffisamment. En outre, si le parrainage multiple et le faux parrainage pouvant entrainer l’annulation d’une candidature peuvent être notifiés à un candidat afin qu’il les remplace, à quoi bon ! Autrement, cette disposition du Code électoral n’a aucun sens dans le contexte actuel. A moins qu’au moment de sa rédaction sous la Transition, on n’ait visé les partis de l’ex-majorité qu’on pensait qu’au lendemain de l’insurrection populaire, ils ne devraient plus pouvoir disposer d’élus à même de leur permettre de présenter un candidat à la présidentielle !

Cependant, cette disposition aurait eu un sens si le législateur avait expressément signifié que des élus ne peuvent parrainer qu’un candidat présenté et investi par leur formation politique ou soutenu par leur parti ou formation politique. En ce moment, non seulement on évite le parrainage fantaisiste, mais on oblige l’élu à ne parrainer que le candidat soutenu par son parti politique. Ce qui devait permettre de limiter le nombre de candidats à la présidentielle. Pour ne pas en faire une élection de seconde zone. Car, l’élection présidentielle n’est pas n’importe quelle élection. Elle consacre le choix de la personne qui va diriger tout le pays pendant un mandat, au moins. Aussi, devrait-il être nécessaire de mettre suffisamment de garde-fous pour la rendre plus sérieuse et crédible. Et éviter ainsi qu’elle ne serve à certains prétendants, juste pour garnir leur curriculum vitae ou leur carte de visite du titre ronflant d’ancien candidat à l’élection présidentielle.

Dabaoué Audrianne KANI

 

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