Presse privée : « Il n’y a pas d’avenir pour les journalistes », Hamidou Traoré

Le 11 juin 2020, le comité Ad’ hoc des travailleurs des médias privés du Burkina dénonçait les conditions de vie et de travail du secteur. Le 10 août 2021, Hamidou Traoré et Roland Zongo, journalistes et porte-paroles du comité étaient face à la presse au Centre national de presse Norbert Zongo à Ouagadougou, pour dresser le bilan après sa première sortie.

Selon le principal conférencier, Hamidou Traoré, le dernier classement de Reporter Sans Frontière classe la presse burkinabè 1ere  des pays francophones et 37ème à l’échelle mondiale sur 180 en matière de liberté de presse. Mais, l’arbre ne doit pas cacher la forêt.

Pour lui, les travailleurs de la presse privée exercent dans des conditions exécrables. Des acquis ont été engrangés après leur sortie de 2020, mais beaucoup d’efforts restent à fournir. « Sur un effectif de 421 organes, ils ne valent pas 10 organes qui appliquent la Convention collective. La majorité écrasante des journalistes exercent sans contrat de travail formellement établi.

Chez certains patrons, un article validé et publié est payé à 2500 F.CFA et soumis à une taxation de 25%. Donc le journaliste est rétribué à 1875 FCFA. La plupart des journalistes ne sont pas déclarés à la CNSS, même s’ils sont inscrits, les cotisations ne sont pas versées. Pis, certains patrons ingénieux s’adonnent à une certaine fraude en vue de bénéficier de la subvention de l’Etat. Nous interpellons la CNSS à arrêter de délivrer des documents prouvant que les patrons sont à jour des cotisations de leurs journalistes, alors qu’ils sont très loin du compte», lance Hamidou Traoré. Puis d’ajouter « certains de nos confrères des medias confessionnels se voient littéralement exploités par des Hommes de Dieu. Il en est de même pour nos confrères des médias municipaux. Soyons clairs, notre revendication n’est pas une quête d’aisance financière. Elle a pour fondement, notre ferme volonté d’œuvrer à l’avènement d’un véritable Etat de droit».

Le comité Ad ’hoc appelle à l’union sacrée autour de l’AJB. Et invite le ministère de la Communication à prendre des mesures visant l’application pleine et entière de la Convention collective de 2009 par les patrons. Au Conseil supérieur de la communication, il l’interpelle à ne pas seulement se comporter comme un gardien du régime en place mais plutôt de regarder aussi les conditions de vie et de travail des animateurs des organes de presse.

Aïcha TRAORE

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