Prise en charge des valves de l’uretère postérieur : 28 enfants opérés à l’hôpital Souro Sanou

Il s’est déroulé du 24 au 29 juin 2024 au Centre hospitalier universitaire Souro Sanou (CHUSS) de Bobo-Dioulasso, une campagne de résection des valves de l’urètre postérieur (VUP). A cet effet, une intervention chirurgicale au profit d’enfants venus de trois villes du Burkina Faso a été réalisée.

Les VUP sont des replis membraneux congénitaux obstructifs siégeant dans la lumière du conduit urétral. C’est la maladie uropathie malformative la plus fréquente chez les petits garçons. Chose qui empêche l’écoulement normal de l’urine chez les enfants atteint de cette maladie. Venus de Ouagadougou, Ouahigouya et Bobo-Dioulasso, ils sont au total 28 enfants sur 30 qui étaient attendus à subir avec succès la chirurgie de résection des VUP. Elle consiste, selon les chirurgiens, à introduire dans l’urètre un instrument très fin afin d’ouvrir ce canal et couper ce qui empêche l’écoulement des urines. « Ces enfants naissent avec un obstacle au niveau des voie d’écoulement des urines. Cette malformation existe depuis que l’enfant se trouve dans le ventre de sa maman. Lorsqu’il vient au monde, il a des difficultés pour uriner. Certains arrivent à uriner goûte par goûte, mais d’autres n’arrivent même pas à le faire. On avait prévu de prendre en charge 30 patients. Mais on s’est retrouvé avec 28. Nous avons déjà opéré 23 avec succès, les 05 autres seront opérés aujourd’hui (29 juin 2024 : ndlr) », a laissé entendre Pr Emile Bangré, chef de service de la chirurgie pédiatrique du CHUSS. Il poursuit en disant que « nous les faisons venir (les malades) chaque matin par groupe de 07 pour les opérer. Puis nous les ramenons les soirs. Après l’intervention, il y a un suivi. On leur place des sondes et au bout de 48 h on enlève ces sondes. Quand ils repartiront dans leur localité pour ceux qui ne sont pas de Bobo, ils seront suivis par nos collègues chirurgiens qui sont sur place ».
Des parents d’enfant malade retrouvent l’espoir
Bagaya Rahim, âgé de deux ans venu de Ouagadougou pour se faire opérer, souffre de valves de l’urètre postérieur. « J’ai constaté que mon fils avait du mal à uriner. À chaque fois qu’il avait envie d’uriner, il pleurait et l’urine sortait par goûte. Nous étions hospitalisés à Ouagadougou. C’est le dimanche qu’on nous a dit de venir à Bobo pour l’opération », a expliqué la mère de Rahim qui espère que l’opération de son fils se passera bien pour qu’il puisse avoir une bonne santé. Même son de cloche chez Maimouna Tapsoba, mère d’un petit garçon atteint de la VUP. « Mon enfant a 06 mois aujourd’hui. A sa naissance il urinait normalement, mais c’est après que j’ai constaté qu’il n’arrivait plus à le faire correctement. Nous sommes allez à l’hôpital à Ouagadougou et c’est de là que nous avons été orientés à Bobo-Dioulasso pour une opération. J’espère que tout se passera bien pour mon fils », va-t-elle laisser entendre.
A noter que depuis 2022, seul le service pédiatrique du CHUSS dispose d’un appareil d’endoscopie urologie pédiatrique pour le traitement des VUP. Tous les patients sont ainsi référés à Bobo-Dioulasso. C’est pourquoi, le chef de service de la chirurgie pédiatrique, le Pr Emile Bangré, lance un appel à toutes les bonnes volontés à doter d’appareils d’endoscopie urologie pédiatriques les centres hospitaliers universitaires du Burkina afin que plusieurs enfants souffrant de cette pathologie soient pris en charge.
Aymeric KANI